Plan de table

Réalisé par Christelle Raynal (2012)

Comédie
Plan de table
Durée 85 minutes
Sortie 11/04/2012
Note 5/10

Marie et Eric se sont rencontrés par hasard dans un train pour Avignon. Six ans plus tard, c’est le jour du mariage. Sauf que Marie ne va pas épouser Eric, mais l’ennuyeux Paul. Avant que la fête ne commence, les deux anciens amoureux partagent un dernier moment d’intimité sur la table, où Eric prendra place avec d’autres invités. Alors que Marie se sauve après pour arranger sa robe, il revient à Eric de ranger le désordre et de remettre les cartons du plan de table en place. Un choix plus difficile qu’il ne paraît, puisque selon le placement des convives, la soirée se passe plus ou moins bien pour l’ex de la mariée.

La critique

Par Tootpadu 01/05/2012

L’action du premier film de la réalisatrice Christelle Raynal quitte assez tôt le théâtre des festivités, pour suivre chacun des trois couples principaux dans l’exploration de la nouvelle donne conjugale, changée à cause des rapports de voisinage plus ou moins cordiaux autour de la table Mimosa. On aurait bien aimé écrire que ce n’est que pour mieux y revenir, mais malheureusement, Plan de table attache une trop grande importance à ce dispositif narratif – au moins aussi vieux qu’Un jour sans fin de Harold Ramis –, qui consiste à répéter à quelques détails près le même déroulement dramatique, jusqu’à ce que le résultat final satisfasse tout le monde. Le récit se compose donc de trois versions et demie d’une même histoire, au bout de laquelle tous les personnages ou presque auront trouvé l’âme sœur.
Le plus frustrant dans ce récit à tiroirs n’est pas tant son caractère ennuyeusement prévisible, mais sa propension au dénouement le plus consensuel et sirupeux possible. Tandis que la première variation, que le spectateur ignorant prend bien sûr comme une vérité filmique indiscutable faute d’indice plus précis qu’un interminable défilé de voix off, reste encore à peu près crédible, la suivante s’essaie sans grand succès à une relecture plus glauque des événements. Enfin, la dernière, qui sera retenue après un ajustement infime, se fourvoie rapidement sur le terrain du conte romantique rose bonbon, comme nous ne les aimons guère.
Au moins, la nature hétéroclite de la distribution nous réserve quelques bonnes et de très rares mauvaises surprises. Franck Dubosc ne se réinventera décidément plus et c’est peut-être tant mieux puisque ses cabotinages consternants nous servent, film après film, comme le genre de repère négatif, à partir duquel les autres interprétations ne peuvent être jugées que favorablement. Seule Elsa Zylberstein, plus névrosée que jamais, patauge au même niveau de l’excès que lui, alors que Lannick Gautry, Audrey Lamy, et Arié Elmaleh font plutôt bonne figure.

Vu le 1er mai 2012, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 16

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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