2 days in New York
Réalisé par Julie Delpy (2012)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 28/03/2012 |
| Note | 5/10 |
La photographe française Marion habite toujours à New York, afin d’être près du père de son fils de trois ans, Lulu. Elle s’est remise en couple avec l’animateur de radio Mingus, qui a, lui aussi, déjà un enfant d’une première union. Marion espère enfin percer dans le monde de l’art, grâce à sa nouvelle exposition, qui est sur le point d’ouvrir ses portes et au cours de laquelle elle vendra son âme. Pour l’encourager en ce moment décisif de sa carrière, son père Jeannot et sa sœur Rose débarquent pour quelques jours, emmenant avec eux – au grand dam de Marion – son ex Manu, qui entretient désormais une relation ouverte avec Rose.
La critique
Par Tootpadu 18/04/2012
Un vent de Woody Allen souffle sur cette comédie grotesque. Or, il s’agit d’un Allen en petite forme, qui forcerait le trait en soulignant les différences que le choc des cultures met à jour, au lieu de chercher le dénominateur commun aux joies et aux peines de l’existence humaine, à l’œuvre dans tous les pays où le réalisateur new yorkais par excellence a récemment posé sa caméra. En quittant la ville de son cœur, Allen a laissé le champ libre à des imitateurs moyennement doués de la trempe d’une Julie Delpy, qui singent son style et son hystérie chronique, sans pour autant lui trouver une explication plus sophistiquée qu’un déséquilibre passager des hormones féminines. La narration de cette suite directe de 2 days in Paris se laisse imprégner par l’atmosphère de la métropole américaine, mais elle le fait au seul prétexte de fournir un terrain de jeu aux états d’âme puérils d’une famille hautement caricaturale.
Nous n’avons pas vu le prédécesseur de ce film passablement hilarant, mais une seule et unique rencontre avec Marion et son entourage aura suffi pour nous les rendre antipathiques. Seul le nouveau venu de la bande, Chris Rock dans le rôle de l’ami du personnage principal, sérieusement débordé par l’invasion de ces Français mal dégrossis qui mettent sa vie conjugale sens dessus dessous, tire à peu près son épingle du jeu, parce qu’il sait se mettre en retrait et formuler ses doutes par le biais de la routine comique du monologue avec son ami imaginaire Barack Obama. Hélas, les autres personnages ne jouissent pas de la même liberté d’électron libre en guise d’observateur, puisqu’ils sont les cobayes consentants et vulgaires du microcosme vainement inconfortable, que Julie Delpy a transposé sans verve de son film précédent, Le Skylab.
Vu le 18 avril 2012, au MK2 Quai de Seine, Salle 3, en VO