Chroniques sexuelles d'une famille d'aujourd'hui
Réalisé par Pascal Arnold, Jean-Marc Barr (2012)
| Durée | 76 minutes |
| Sortie | 09/05/2012 |
| Note | 4/10 |
A 18 ans, Romain éprouve une immense frustration de ne pas encore avoir couché avec une fille. La sexualité est un sujet tabou dans sa famille, où chacun mène son existence érotique à l’abri du regard des autres. Cela change brusquement quand Romain est surpris en flagrant délit de masturbation à l’école. Dès lors, ses parents s’intéressent davantage à la sexualité de leurs proches : de leur fille adoptive qui vient d’entamer une relation fusionnelle, de leur fils aîné qui se garde bien de révéler sa prédilection pour les plans à trois, du grand père qui fait appel à une prostituée depuis la mort de sa femme, et surtout de Romain, qui s’apprête enfin à franchir le pas avec sa camarade de classe Coralie.
La critique
Par Tootpadu 07/05/2012
Quelle déception du coup de se retrouver face à un film si maladroitement pédagogique, mou de la bite – puisque les séquences non censurées seront réservées à la version moins « sensuelle » diffusée sur les chaînes payantes – et globalement d’un ennui mortel ! Trop sage pour être un porno, trop superficiel pour apporter quoique ce soit à la discussion sur la sexualité à tout âge, qui est dans le meilleur des cas menée à fleurets mouchetés sur les forums publics, ce film ne ressemble à rien qui pourrait nous exciter ou au moins nous interpeller. A l’image de ces documentaires mal ficelés que l’on passait à notre époque en cours de biologie pour introduire aux élèves les plus farouches les bases de la sexualité sans trop brusquer la pudeur des enseignants, Chroniques sexuelles d’une famille d’aujourd’hui a la très fâcheuse tendance à tourner autour du pot, ou plus précisément à enchaîner les scènes de cul filmées presque cliniquement sans leur attribuer une finalité dramatique tangible.
Tous les personnages s’envoient ainsi mécaniquement en l’air, sans qu’en découle pour le spectateur une quelconque jouissance érotique ou, par défaut, intellectuelle. Il n’est certes pas facile d’exprimer en termes cinématographiques les sommets qui peuvent être atteints par des rapports sexuels bien faits, ni de parler tout simplement de l’intimité dans le cercle familial. Que les deux réalisateurs y échouent assez lamentablement n’est donc pas un drame aux proportions tragiques. Mais nous étions quand même en droit de nous attendre à quelque chose de plus substantiel et charnu de leur part, bien que le but principal du film ait sans doute été de banaliser la sexualité, au lieu de la célébrer gaiement comme le faisait John Cameron Mitchell dans le magnifique Shortbus !
Vu le 10 avril 2012, à la Salle Gaumont - Louis Feuillade