Low life
Réalisé par Nicolas Klotz (2012)
| Durée | 125 minutes |
| Sortie | 04/04/2012 |
| Note | 4/10 |
A Lyon, l’étudiante Carmen partage un appartement avec trois copines. Elles s’y organisent avec d’autres amis pour venir en aide à des immigrés clandestins, sur le point d’être évacués par la police de leur squat dans les locaux d’une église. Lors de cette manifestation de soutien, qui tourne à l’affrontement violent avec les forces de l’ordre, Carmen fait la connaissance de Hussain, un jeune poète afghan qui a déposé une demande d’asile. A peine remise de sa rupture avec Charles, un fils de bourges, Carmen tombe amoureuse de l’étranger ténébreux et le cache chez elle, quand sa requête est rejetée.
La critique
Par Tootpadu 07/02/2012
S’il nous était possible de faire abstraction de tout le volet des jeunes péteux qui veulent changer le monde, mais qui ne font que déclamer des répliques lourdement poétiques, il y aurait quelques bribes à sauver dans ce nouveau film sur lequel Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval se partagent comme d’habitude les tâches entre la mise en scène et le scénario. Une sensation aussi délicate que la peur des esprits malveillants arrive en effet à se frayer un chemin à travers le récit plombé par une avalanche de symboles risibles, justement grâce à l’image fascinante et visuellement belle de l’avis d’expulsion troué par la braise. De même, le désespoir des immigrés clandestins est palpable, tant qu’ils ne sont pas obligés de lancer des regards accusateurs à la caméra, comme pour mieux culpabiliser le spectateur indifférent et pas assez engagé en faveur de l’égalité des droits. Ces rares éléments, qui témoignent d’une compréhension à la fois humaine et sociale du problème dont le film aurait dû traiter exclusivement, sont malheureusement insuffisants pour contrebalancer le tas d’immondices filmiques qui les entoure.
Le ton artificiel et théâtral, qui est symptomatique de la majorité de la durée ressentie comme considérable de ce film, crée un écran de fumée, fait de personnages antipathiques et de comportements narcissiques, derrière lequel le projet esthétique du réalisateur disparaît irrévocablement. L’association d’une réalité brûlante, celle des réfugiés en attente d’expulsion, et d’une fiction qui se voudrait éthérée mais qui n’est que de la prétention indigeste, ne fonctionne ainsi à aucun moment. Et pire encore, l’emploi vainement déroutant de la musique électronique, tout comme certaines interprétations hautement agaçantes, anéantissent le peu de bonne volonté qu’on aurait pu éprouver à l’égard d’un film, qui se fourvoie misérablement en essayant d’innover en matière de point de vue sur celles et ceux qui n’ont pas eu la chance d’être nés dans un pays comme le nôtre. Le système à la française est perfectible certes, mais guère animé par une guerre mentale aussi manichéenne que Nicolas Klotz voudrait nous le faire croire.
Vu le 6 février 2012, au Club Marbeuf