Guérilléra (La)
Réalisé par Pierre Kast (1982)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 05/05/1982 |
| Note | 4/10 |
Alors que les troupes napoléoniennes sont en pleine déroute, Barbara et Alexandrine, deux dames issues de l’aristocratie française de Séville, partent au nord du Portugal, afin de rendre visite à une amie. Trouvant son palais vide et sur le point d’être abandonné également par l’arrière-garde de l’armée française, les deux femmes sont renvoyées chez elles sous la protection du colonel Larzac et une poignée de hussards. Obligé d’emprunter les routes sinueuses des montagnes pour éviter l’ennemi anglais, le cortège ne tarde pas à être pris en otage par une bande de brigands indépendantistes portugais, sous le commandement de la belle Caterina.
La critique
Par Tootpadu 29/11/2011
Le discours de ce faux film de guerre, qui s’improvise simultanément en un pamphlet en faveur du féminisme qui sonne horriblement faux, peut être perçu comme un vestige des mouvements contestataires des années 1970. Or, dans l’esthétique clinquante et creuse de la décennie suivante, où les actrices ont l’air si pimpantes et bien coiffées que l’on ne dirait jamais qu’elles ont passé des jours, voire des semaines, dans le maquis impitoyable des montagnes portugaises, pareilles revendications ne trouvent plus leur place et doivent paraître dès lors comme un anachronisme précoce. Ce qui ne veut pas dire que les observations existentielles que les personnages profèrent à tour de rôle aient eu une quelconque pertinence à quelque époque que ce soit.
Ces tirades pompeuses plombent par contre irrémédiablement le ton d’un film, qui n’avait pas besoin d’une telle ambition démesurée pour manquer de panache. Tandis que les apparitions des femmes dénudées, dont une toute jeune Victoria Abril, s’inscrivent dans l’érotisme soft et honteux en vogue à cette époque-là, où chaque nouvel épisode d’Emmanuelle excitait une foule de spectateurs en manque de stimulation libidineuse, les revirements aberrants de l’intrigue, comme la fusillade dans la forteresse avortée illico presto parce que l’ennemi attaque, sont davantage symptomatiques de la tradition hélas sans âge de ces films risibles, qui se croient autorisés dans toute leur paresse narrative de se servir dans le grand magasin des clichés sans faire l’effort d’agencer un récit un minimum cohérent et engageant d’un point de vue dramatique.
Vu le 24 novembre 2011, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois