Agnus dei
Réalisé par Alejandra Sanchez (2011)
| Durée | 81 minutes |
| Sortie | 05/10/2011 |
| Note | 5/10 |
Dans la ville mexicaine de Tlalpan, que l’on nomme aussi le second Vatican à cause des nombreuses églises qui s’y trouvent, le jeune Jesus est aux anges quand sa mère lui demande de devenir un enfant de chœur auprès du prêtre Carlos Lopes Valdes. Cette ferveur religieuse sera vite entachée par les sévices sexuels que le curé fera subir à l’enfant pendant des années. Désormais un adulte, Jesus cherche à se reconstruire psychologiquement et à confronter cet homme qui a tant abusé de lui et qui officie toujours impunément dans la même diocèse.
La critique
Par Tootpadu 15/09/2011
Le parcours de Jesus est d’une banalité qui fend le cœur, justement parce que tant de garçons qui ont dû coucher de gré ou de force avec un homme du clergé en gardent des séquelles mentales, qui rendent quasiment impossible une vie d’adulte normale, en termes d’épanouissement affectif et sexuel. Ce mélange invivable de honte et de culpabilité, de rancœur et de nostalgie mal placée, n’est point une base saine pour redémarrer une existence anéantie par les penchants pervers d’un homme de confiance, qui l’a lâchement trahie auprès des enfants dont il avait la charge spirituelle. Des aveux de cette victime meurtrie jusqu’à ce jour par une relation de dépendance aux effets néfastes, Agnus deï s’en fait un relais engagé et sans complaisance, qui ose même entrecouper les prises du présumé coupable en train de célébrer la messe avec les preuves les plus dégoûtantes de ses écarts sexuels.
Alors que l’effet choquant de ce montage provocateur est indéniable, il arrive malheureusement beaucoup plus souvent dans ce documentaire que l’assemblage de plans disparates peine à produire un sens filmique ou narratif. L’exemple le plus flagrant de cette association tirée par les cheveux est sans doute le montage parallèle entre le psychologue qui prend le métro et les jeunes acolytes qui grimpent sur la colline. Mais plus généralement, l’inclusion de l’enseignement de la chasteté aux adolescents qui s’apprêtent à devenir prêtre ne trouve pas réellement une place adéquate dans le cadre d’un film, dont le but principal est la dénonciation de l’état gangrené d’un point de vue moral de l’église catholique au Mexique.
Tous ces garçons idéalistes vont-ils devenir des guides spirituels aussi infâmes que Carlos Lopes Valdes ou bien sont-ils concrètement en danger de se faire endoctriner par une institution religieuse qui ne respecte même pas ses propres préceptes de pureté morale ? Dans le meilleur des cas, il y aurait un raisonnement tendancieux à tirer de ce va-et-vient entre les décombres d’une vie détruite par la faute d’un prêtre pourri et l’apprentissage en apparence plus chaste de ces futurs bergers spirituels, qui risquent néanmoins de finir dans le même enfer de désolation sexuelle, tant que l’église catholique ne jouera pas cartes sur table avec ce sujet épineux.
Vu le 13 septembre 2011, au Club de l'Etoile, en VO