Un été brûlant

Réalisé par Philippe Garrel (2011)

Drame
Un été brûlant
Durée 95 minutes
Sortie 28/09/2011
Note 5/10

Le peintre Frédéric s’est tué en voiture. Le figurant et acteur aspirant Paul avait fait sa connaissance environ un an plus tôt par un ami commun. Les deux artistes se sont tout de suite bien entendus et Frédéric n’a pas mis longtemps avant d’inviter Paul et sa nouvelle copine Elisabeth à Rome, où il vit avec sa femme, l’actrice italienne Angèle. La complicité entre les deux amis cache pourtant mal leur rapport conflictuel aux femmes, dont ils sont fous, mais qui leur rendent en même temps la vie insupportable, à cause de leurs infidélités et de leur besoin constant d’attention.

La critique

Par Tootpadu 06/07/2011

Ce serait mal connaître le style du réalisateur Philippe Garrel de supposer que le « brûlant » du titre de son nouveau film contient la promesse hypothétique de voir quelque chose de torride se passer entre ses personnages. Nous ne sommes nullement des experts en la matière de l’œuvre filmique du cinéaste, mais nous en avons assez vu pour savoir à peu près à quoi nous attendre avec lui. Désormais orphelin de son père, qui fait d’ailleurs une ultime apparition dans Un été brûlant – tout en arrivant par la même occasion à insuffler à ce dernier une vivacité qui en est hélas autrement absente –, Philippe Garrel y persévère dans son exploration tortueuse et aride des rapports entre les hommes et les femmes en général, et de la mécanique fragile des couples en particulier.
L’ombre de la Nouvelle vague et de sa forme parfois épurée pèse avec une insistance lourde sur la narration, qui n’en sait guère tirer profit, à l’opposé de Christophe Honoré et son Dans Paris par exemple, un hommage infiniment plus libre et plaisant aux révolutionnaires d’antan du langage cinématographique. Philippe Garrel pour sa part se complaît davantage dans une pose mi-narcissique, mi-névrosée, dont son fils dans le rôle pivot de l’intrigue est une fois de plus le porte-parole. Et comme dans les deux films précédents du réalisateur, Louis Garrel s’adonne ici corps et âme à la nonchalance la plus molle et la moins séduisante possible.
Il est en effet plus que difficile de se passionner pour un scénario dont l’essence se trouve dans l’admiration du narrateur – un acteur débutant sans trop de charisme – pour ce peintre nombriliste, qui ne vit que pour le culte qu’il porte aux femmes, peu importe qu’elles lui rendent cette dévotion ou pas. Au moins les deux personnages féminins, interprétés par Monica Bellucci, divine pendant la scène de danse, et Céline Sallette, l’unique petite révélation du film, s’en sortent un peu mieux de ce marasme de vagues à l’âme et de sentiments masochistes. Dommage alors, que leur point de vue ne serve au mieux que de décor aux propos vaguement révolutionnaires et ennuyeusement anti-sarkozystes de leurs amants fades.

Vu le 6 juillet 2011, à la Salle Pathé François 1er

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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