De l'eau pour les éléphants
Réalisé par Francis Lawrence (2011)
| Durée | 121 minutes |
| Sortie | 04/05/2011 |
| Note | 6/10 |
Suite à un drame familial, le jeune Jacob Jankowski est obligé d’abandonner ses études de vétérinaire et de prendre la route. Alors que les conséquences de la Grande Dépression se font encore vivement ressentir en 1931, Jacob rejoint par hasard la troupe du cirque Benzini. Son intuition avec les animaux et son érudition le rendent rapidement indispensable pour la troupe de forains aux yeux du directeur autoritaire August. Celui-ci compte sur Jacob pour dresser l’éléphant Rosie, le nouveau numéro vedette présenté par Marlena, la belle épouse d’August. Le jeune homme ne met pas longtemps avant de tomber amoureux de cette femme, qui lui est pourtant inaccessible.
La critique
Par Tootpadu 27/04/2011
Cette adaptation du roman à succès de Sara Gruen ne renie nullement les racines désuètes sur lesquelles se base son histoire fort convenue. Le scénario de Richard LaGravenese va même jusqu’à copier dans les grandes lignes la structure narrative de Titanic de James Cameron, avec ce long retour en arrière, qui est censé culminer en un fiasco tonitruant – après tout un incendie légendaire est évoqué au début du récit cadre –, mais qui se termine dans le cas présent d’une manière ennuyeusement gentillette. Tout dans De l’eau pour les éléphants tend en effet vers le maintien d’un statu quo vieillot, où les méchants sont méchants et où les bons sont trop préoccupés par une forme primitive du politiquement correct pour faire du mal à une mouche.
La mise en scène de Francis Lawrence sait néanmoins garder en vie cette histoire solide, mais nullement originale. Elle ne s’adonne ni à l’exubérance artificielle de Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann, un film de cirque au sens large, ni à la célébration illuminée de la suprématie de la philosophie, selon laquelle le spectacle doit continuer à tout prix. Son film se veut davantage l’évocation fortement romancée d’une époque où régnait une précarité extrême et où la vie d’un homme ne valait guère plus que son salaire, que les employeurs étaient alors incapables de lui payer. Le lien avec le monde actuel se trouve dans le meilleur des cas à ce niveau-là, et certainement pas dans la romance stéréotypée au possible entre les personnages de Robert Pattinson, qui essaie vaillamment d’être l’émule de Montgomery Clift, et de Reese Witherspoon, pas trop nunuche pour une fois. Contrairement à eux, Christoph Waltz dispose au moins d’un rôle savoureux, quitte à se trouver bien trop tôt tributaire d’un seul et unique moule de méchant psychopathe dans lequel le cinéma hollywoodien veut bien le laisser s’épanouir.
Vu le 27 avril 2011, au Club de l'Etoile, en VO