Chaperon rouge (Le)

Réalisé par Catherine Hardwicke (2011)

Epouvante
Chaperon rouge (Le)
Durée 100 minutes
Sortie 20/04/2011
Note 4/10

Le village reculé de Daggerhorn est terrorisé depuis des années par un maléfique loup-garou, contre lequel les habitants ne peuvent se prémunir qu’en lui sacrifiant un agneau à chaque nuit de pleine lune. La jeune Valérie a appris à vivre avec cette menace permanente, qui la guette chaque fois qu’elle s’aventure dans la forêt. Elle est bien plus contrariée par les plans de sa mère de la marier de force au fils de forgeron Henry, alors que son cœur ne bat que pour le bûcheron Peter. Elle s’apprête à fuguer avec ce dernier, quand sa sœur aînée est sauvagement assassinée par le loup-garou. Face à la rupture de leur trêve fragile avec la bête, tous les habitants du village sont en émoi. Le prêtre fait alors appel au légendaire chasseur de loups-garous Salomon pour écarter le danger imminent d’une nouvelle victime.

La critique

Par Tootpadu 20/04/2011

La rancune de Catherine Hardwicke d’avoir été écartée de la saga Twilight, après avoir assuré la mise en scène du premier épisode, est perceptible à chaque plan de cette adaptation sans âme du célèbre conte retranscrit par Charles Perrault. Au lieu de faire une fois pour toutes le deuil de cet univers, qui lui a valu son plus grand succès public à ce jour, et de passer à autre chose, la réalisatrice paraît s’y accrocher déraisonnablement, comme pour affirmer d’une façon embarrassante que les producteurs auraient mieux fait de répondre favorablement à ses exigences pécuniaires. Les points en commun entre la romance puritaine de Stephenie Meyer et Le Chaperon rouge sont en effet légion. Ces renvois incessants ne suscitent toutefois chez nous rien d’autre que de la gêne face à cette resucée bâclée, qui sent plus l’aigreur et le dépit artistique qu’une volonté sincère de faire progresser une formule, qui se situe d’ores et déjà – au bout de trois films pour l’instant et une poignée de pastiches – au-delà du stade douteux de la parodie.
La mise en scène ne lésine pas sur les moyens pour démontrer qu’elle maîtrise jusqu’au moindre détail le triangle amoureux entre la belle ingénue et ses deux prétendants complémentaires. Les mouvements amples de la caméra, dont la seule finalité est sans doute de mettre un peu plus en avant la laideur des effets spéciaux omniprésents, appartiennent ainsi autant au vocabulaire cinématographique grossier de Catherine Hardwicke que les revirements improbables sont symptomatiques du scénario de David Leslie Johnson, d’ailleurs très adroit dans la destruction systématique de l’intérêt que nous portons au film, qui baisse d’un cran à chaque fausse piste ou à chaque inclusion forcée d’un passage obligé du conte original.
En somme, il n’y a vraiment pas grand-chose à sauver dans ce festin du cabotinage de la part de tous les participants et des gros sabots formels, que la réalisatrice ne paraît hélas pas prête à enlever pour les échanger contre un langage filmique qui ne serait pas exclusivement régi par la surenchère péniblement lassante, puisque vide de sens.

Vu le 13 avril 2011, à la Salle Warner, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Retour à la liste des Critiques