Si tu meurs je te tue
Réalisé par Hiner Saleem (2011)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 23/03/2011 |
| Note | 6/10 |
A peine sorti de prison, Philippe fait la connaissance d’Avdal dans un bar. Les deux hommes deviennent vite amis. Empressé de faire venir sa fiancée Siba en France, l’ancien militant kurde demande de l’aide à son ami pour trouver du travail. Alors que les choses s’arrangent petit à petit pour Avdal, celui-ci meurt soudainement d’une crise cardiaque. Désemparé, Philippe ne sait pas quoi faire du corps et comment avertir la famille du défunt de la triste nouvelle. En plus, Siba est déjà en route pour Paris, sans savoir qu’Avdal ne l’attend plus.
La critique
Par Tootpadu 18/03/2011
On pourrait considérer le caractère désinvolte de la narration comme une qualité ou un défaut. Il est vrai que certaines pirouettes formelles sont plus réussies que d’autres. Bon nombre de pistes ne mènent en effet à rien, comme le passé carcéral de Philippe ou celui guère plus reluisant d’Avdal en tant que tueur à la solde de la résistance kurde. Et certains choix narratifs, comme le montage qui condense l’amitié entre les deux hommes très tôt dans le film ou le dernier coup libérateur de Siba avant la conclusion empreinte d’une magie cinématographique indéniable, ont de quoi nous laisser perplexes. Mais ces quelques ratages sans gravité sont largement rattrapés par les apparitions jubilatoires de Jane Birkin et Maurice Benichou en stéréotypes parisiens, par cette séquence déchirante au premier degré – et du coup complètement en décalage avec le reste du film qui joue beaucoup sur l’ironie – où Siba apprend le décès de l’homme de sa vie, et plus globalement par une sympathie sans limite de la part du réalisateur pour tous ses personnages, aussi risibles soient-ils.
Rien que le titre de Si tu meurs, je te tue., qui est repris par deux fois dans des circonstances qui reflètent elles aussi la vie à double tranchant, nous prépare donc à un film décalé et en fin de compte inclassable. Sa fraîcheur et son envie incommensurable de s’amuser en dépit du contexte délicat de l’intrigue en font le premier représentant de ce printemps au cinéma. L’humour macabre ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais le scénario astucieux sait parfaitement doser les vannes sur les cendres encombrantes pour rester dans un état d’esprit léger, qui se fait le chantre d’un optimisme malgré tout.
Vu le 17 mars 2011, au Club 13, en VO