Amours salées et plaisirs sucrés
Réalisé par Joaquin Oristrell (2011)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 23/02/2011 |
| Note | 5/10 |
Depuis son plus jeune âge, Sonia a passé son temps derrière les fourneaux du restaurant de son père, dans l’espoir de devenir un jour un chef célèbre. La vie semble pourtant en avoir décidé autrement, puisque la jeune femme ambitieuse accepte d’épouser Toni, un mari idéal, respectueux et amoureux, qui ne partage pas le rêve fou de Sonia. Frank, un autre ami d’enfance, n’a par contre jamais douté des talents de la magicienne des recettes ingénieuses et il lui propose, des années plus tard, un stage pour apprendre la haute cuisine en France. Sonia ne veut pas choisir entre sa famille et sa carrière et elle n’arrive pas non plus à trancher entre les deux hommes de son cœur. Du coup, elle s’installe avec son mari Toni et son amant Frank dans un drôle de ménage à trois.
La critique
Par Tootpadu 09/03/2011
Il manque en effet de l’envergure et du courage social à la mise en scène de Joaquin Oristrell pour élever son film au niveau d’un commentaire à la fois osé et succulent sur la libération des mœurs et des papilles gustatives au cours des décennies passées. Alors que l’évolution de la fabrication des mets savoureux peut faire sourire, notamment à travers la parenthèse de la gastronomie moléculaire, l’approche d’une relation amoureuse et sexuelle à trois s’avère déjà sensiblement plus frileuse. Pour dissiper tout soupçon de homophobie, le scénario oblige un personnage secondaire de vivre son attirance pour les personnes de même sexe d’une façon plus ou moins honteuse. Mais cette gêne d’inclure le pédé d’office n’arrange en rien la dynamique du triangle formé par Sonia, Toni et Frank, qui souffre d’un déséquilibre chronique à cause des rapports très flous entre les deux hommes, épris de la même femme.
Sur l’air monotone d’une musique tout droit sortie des années 1980 – peu importe le cadre historique de l’action –, le récit avance par à-coups sans que les nombreux revirements de l’intrigue n’arrivent à épicer cette histoire presque ennuyeusement fade et inoffensive.
Vu le 14 février 2011, au Club Marbeuf, en VO