Very cold trip
Réalisé par Dome Karukoski (2011)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 09/02/2011 |
| Note | 6/10 |
Vaguement dépressif depuis longtemps, le chômeur Janne vit chez sa copine Inari, qui s’occupe de tout. Un jour, elle lui demande juste d’aller acheter un décodeur pour la télévision, afin de pouvoir regarder en amoureux Titanic pour célébrer leurs neuf ans de vie commune. Après une grasse matinée et un passage au bar local, Janne arrive trop tard et avec trop peu d’argent chez le technicien pour pouvoir acquérir le boîtier magique et repart bredouille. Hors d’elle face à tant de fainéantise, Inari lui fixe un ultimatum : soit il lui ramène un décodeur avant le lendemain matin, soit elle le quitte. Janne part alors à l’aventure en compagnie de ses deux meilleurs amis, afin d’exaucer le vœu de sa copine en cette nuit lapone aux températures glaciales.
La critique
Par Tootpadu 26/01/2011
Le périple jamais très sérieux de trois perdants tout à fait conscients de leur situation nullement enviable n’est point avare en rencontres loufoques et en aventures compromettantes. Traverser la nuit hostile du grand nord avec eux, cela revient pour le spectateur à une mise à l’épreuve constante de leur esprit débrouillard et opportuniste. Plus d’une fois, le but anecdotique de leur voyage paraît tout près, pour s’éloigner subitement par la suite à cause de l’entêtement et la fierté du personnage principal. En théorie, ce dernier aurait pu mettre un terme à la scène de ménage avec sa copine, en acceptant d’emprunter le décodeur de ses parents. Mais son ambition de faire mieux que cette petite magouille déclenche une série de péripéties hautement divertissante. Le grand écart entre le rêve d’une vie meilleure et la réalité tristounette avec sa surabondance de gaffes constitue par conséquent une réserve quasiment inépuisable de gags pour la plupart réussis.
Le refus de la bande de copains de se laisser décourager et le rythme soutenu de la narration permettent aisément de nous faire oublier l’aspect visuel guère séduisant du film. Autant le scénario démontre avec bravoure que la comédie européenne a de beaux jours devant elle, à condition d’embrasser sans gêne les particularités de l’humour propre à chaque pays, autant la réalisation n’arrive hélas pas à se défaire complètement d’une esthétique proche d’un téléfilm pour mettre en images cette histoire jubilatoire.
Vu le 20 janvier 2011, au Club Marbeuf, en VO