Octubre
Réalisé par Daniel Vega, Diego Vega (2010)
Drame
| Durée | 83 minutes |
| Sortie | 29/12/2010 |
| Note | 5/10 |
En rentrant un soir chez lui, le prêteur à gages Clemente trouve un bébé abandonné dans sa cuisine. Puisque la mère présumée, une prostituée qu’il allait voir occasionnellement, a pris le large, Clemente se sent obligé de s’occuper tant bien que mal du nourrisson. Il engage Juanita, une femme pieuse qui lui emprunte de temps en temps de l’argent, pour veiller sur la petite fille, pendant qu’il vaque à ses affaires.
La critique
Par Tootpadu 13/12/2010
Ce film péruvien n’a rien d’un conte de Noël. Alors que sa date de sortie française, deux mois trop tard pour être considérée comme opportuniste, aurait pu laisser supposer qu’il s’agit de l’histoire édifiante d’un homme aigri, qui retrouve son cœur grâce à la rencontre avec un pauvre petit orphelin, le ton ironique du premier film des frères Vega empêche tout enchantement féerique. Le personnage central a bien quelques traits de caractère en commun avec Ebenezer Scrooge, l’esprit d’une mesquinerie emblématique chez Charles Dickens, à commencer par une avarice sans bornes. Mais le scénario d’Octubre ne prévoit aucun processus de prise de conscience, suivie d’une éventuelle tentative d’amélioration, pour ce personnage d’emblée antipathique.
A l’image de ce film presque ennuyeusement immuable, Clemente est le même homme borné, égoïste et solitaire au début et à la fin de son rôle temporaire de père récalcitrant. Il se prête certes à l’exercice d’improvisation qu’on lui impose. Ce dernier consiste à projeter l’image professionnelle d’un homme sévère et ferme envers des mauvais payeurs, tout en voyant cette impression menaçante sabordée par des cris d’enfant, voire des flux d’excréments dégradants. Mais cette expérience, plus subie que choisie, ne lui permet pas de s’ouvrir aux autres, qui entreprennent pourtant des tentatives désespérées pour pénétrer dans l’intimité de cet individu renfermé.
A la limite, ce sont les objets qui mènent une existence plus palpitante que les personnages dans cette intrigue profondément dérisoire. Que ce soit un verre d’eau souillée ou la blague récurrente du faux billet que Clemente cherche à refourguer en toute circonstance, le choix des symboles effectué par les réalisateurs pour désigner le manque de scrupule des personnages est infiniment plus ingénieux que le rythme monotone d’une narration, qui ne paraît poursuivre aucune finalité précise.
A l’image de ce film presque ennuyeusement immuable, Clemente est le même homme borné, égoïste et solitaire au début et à la fin de son rôle temporaire de père récalcitrant. Il se prête certes à l’exercice d’improvisation qu’on lui impose. Ce dernier consiste à projeter l’image professionnelle d’un homme sévère et ferme envers des mauvais payeurs, tout en voyant cette impression menaçante sabordée par des cris d’enfant, voire des flux d’excréments dégradants. Mais cette expérience, plus subie que choisie, ne lui permet pas de s’ouvrir aux autres, qui entreprennent pourtant des tentatives désespérées pour pénétrer dans l’intimité de cet individu renfermé.
A la limite, ce sont les objets qui mènent une existence plus palpitante que les personnages dans cette intrigue profondément dérisoire. Que ce soit un verre d’eau souillée ou la blague récurrente du faux billet que Clemente cherche à refourguer en toute circonstance, le choix des symboles effectué par les réalisateurs pour désigner le manque de scrupule des personnages est infiniment plus ingénieux que le rythme monotone d’une narration, qui ne paraît poursuivre aucune finalité précise.
Vu le 9 décembre 2010, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10