White night wedding
Réalisé par Baltasar Kormakur (2010)
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 21/07/2010 |
| Note | 6/10 |
La veille de son mariage avec Thora, l'ancien prof de littérature Jon est au moins aussi dubitatif qu'euphorique. Pas assez du fait que celle qui sera bientôt sa femme était auparavant une de ses élèves et qu'elle a par conséquent la moitié de son âge. Sa future belle-mère, la propriétaire du seul gîte touristique sur l'île de Flatey, où il s'était installé un an plus tôt avec son épouse de l'époque Anna, déprimée et capricieuse, lui réclame en plus l'argent qu'il lui doit pour la location d'une parcelle de terre, qui était censée accueillir un terrain de golf. Alors que le soleil n'est pas prêt à se coucher en ce beau milieu d'été, Jon n'est pas non plus arrivé au bout de ses peines, avant de pouvoir tourner la page et commencer un nouveau chapitre dans sa vie.
La critique
Par Tootpadu 15/06/2010
Le dernier exemple en date pour alimenter vigoureusement cette sympathie profonde pour un pays, qui s'est attiré ce printemps, et bien malgré lui, les foudres des voyageurs européens à cause des cendres volcaniques, c'est cette comédie de mariage jubilatoire, qui a accessoirement le culot de faire fi aux conventions imposées à ce genre prévisible, au plus tard depuis le phénomène international qu'a été Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell. Le réalisateur Baltasar Kormakur se fait un malin plaisir de prendre le spectateur au dépourvu, ainsi que de jongler brillamment avec de fausses perceptions et de bonnes surprises. Cette partie de plaisir commence déjà très fort, en détournant le moment sacro-saint de chaque mariage en une répétition banale, qui esquisse en même temps les bifurcations à venir d'un récit haut en couleur. Dès lors, un humour pince-sans-rire ne quitte plus ce microcosme de personnages, qui préparent, chacun avec une réticence motivée par des raisons personnelles, ce qui est supposé être, selon le vieil adage, le plus beau jour de la vie des futurs mariés. Sauf que tant de choses vont de travers avec un naturel aussi crédible que divertissant, que le "oui" devant l'autel et un pasteur plutôt méfiant n'est acquis à aucun moment.
Pas assez cependant du ton irrévérencieux, mais néanmoins attachant avec lequel White night wedding malmène ses personnages, la narration de Baltasar Kormakur s'essaye en plus avec succès à une mise en abîme astucieuse dans le temps. Le va-et-vient entre les deux jours de mariage et le périple conjugal qui avait ammené Jon sur l'île un an plus tôt prend certes un peu de temps, avant que sa pertinence dramatique ne devienne évidente. Mais la prise de connaissance progressive du passé du protagoniste, qui est au fond la source de son indécision, apporte une touche mélancolique, responsable de la sublimation finale du récit. Car même si les trouvailles rigolottes abondent dans ce film - à commencer par l'idée folle de construire un terrain de golf sur une île trop petite pour accommoder ne serait-ce que la moitié des trous requis -, au moment de l'épilogue indispensable, l'histoire se recentre avec un sérieux presque désespérant sur l'essentiel, afin de suggérer avec une larme à l'oeil que l'homme est incapable de changer réellement.
Vu le 10 juin 2010, au Club Marbeuf, en VO