Summer wars
Réalisé par Mamoru Hosoda (2010)
| Durée | 114 minutes |
| Sortie | 09/06/2010 |
| Note | 7/10 |
Dans un futur proche, l'ensemble des activités humaines s'épanouit sur la plateforme virtuelle Oz. Dans le monde d'Oz, chaque internaute dispose d'un avatar personnalisé, à travers lequel il peut s'adonner à un grand nombre de tâches récréatives, administratives, et commerciales. Le lycéen Kenji Koiso effectue pendant les vacances d'été quelques travaux de maintenance sur le réseau d'Oz. Mais Natsuki Shinohara, la fille de ses rêves, lui propose un emploi bien plus alléchant : l'accompagner à la campagne pour l'assister dans les préparatifs pour le 90ème anniversaire de son arrière-grand-mère.
La critique
Par Tootpadu 13/04/2010
Le réalisateur japonais Mamoru Hosoda a relevé le défi haut la main, en nous concoctant un conte magnifique, qui tient à la fois compte des conséquences d'un investissement hâtif dans le virtuel et de tout ce qui rendait le monde vivable, avant même qu'il n'y ait eu d'ordinateur. A travers un récit vif et surprenant, qui ne s'attarde jamais longuement sur une des nombreuses pistes de réflexion qu'il nous propose, il dresse la carte de deux mondes parallèles, qui ne sont nullement condamnés à de la méfiance l'un envers l'autre. Cette dualité, entre le monde réel et le virtuel bien sûr, mais à plus forte raison encore entre les générations, les hommes et les femmes, les différents milieux sociaux et, comme dans tout bon antagonisme classique, entre les bons et les méchants, elle s'articule à travers une fluctuation entre deux vases communicants, qui est le signe indubitable d'une narration intelligente et lucide. Au risque de recourir à un cliché un peu sommaire, nous dirions que ce film d'animation est à l'image de la vie elle-même, c'est-à-dire imprévisible et constamment sur le qui-vive, dépourvu de certitudes établies par paresse intellectuelle, et obligé de s'adapter parfois à une allure vertigineuse aux changements de la donne vitale. En effet, la narration ne rechigne pas devant des alternances de rythme assez impressionnantes, qui sont accompagnées le plus souvent par un balancement entre les genres du film catastrophe le plus haletant et le moins grandiloquent possible, et du drame familial marqué par une authenticité et une effusion de solidarité sous la menace de l'extermination, qui n'ont à aucun moment recours au chantage sentimental.
En somme, Summer wars, sous ses airs de jeu virtuel sophistiqué, nous conte une formidable aventure humaine. Il parcourt avec une virtuosité narrative notable une multitude de thèmes (l'importance de la cohésion familiale, du respect des traditions et des anciens, ainsi que la nature toujours changeante des choses et le besoin de savoir improviser pour s'adapter à un statu quo en éternelle évolution), qui lui confère une richesse de fond, dont l'accessibilité et la valeur universelle sont tout simplement irrésistibles. Avec quelques affrontements visuellement impressionnants en prime, sans que l'esthétique globale du film ne privilégie pour autant une expression trop précieusement poétique, nous tenons là un des animes les plus enthousiasmants de ces dernières années !
Vu le 9 avril 2010, au Club Marbeuf, en VO