Liberté
Réalisé par Tony Gatlif (2010)
| Durée | 111 minutes |
| Sortie | 24/02/2010 |
| Note | 6/10 |
En 1943, une famille tsigane se rend comme tous les ans dans un petit village en Bourgogne, pour aider aux vendanges. Sous l'occupation allemande, les lois contre la population nomade ont été durcies et la famille tsigane ne tarde pas à être déportée dans un camp d'internement. Grâce à l'intervention de Théodore, vétérinaire et maire du village, les bohémiens sont libérés, à condition qu'ils se sédentarisent dans une vieille maison familiale qu'il leur a cédée. Mais le style de vie traditionnel du groupe ne concorde pas avec l'immobilisme moral et social, qui règne au village. Pour éviter une nouvelle rafle de la police française, le convoi reprend la route.
La critique
Par Tootpadu 10/02/2010
L'évocation de la persécution des bohémiens sous l'occupation nazie ressemble par conséquent peu à la multitude de films, qui ont traité avant Liberté de l'extermination des minorités au temps de la Shoah. Le parcours de la famille tsigane au centre du film s'apparente certes à celui de ses compagnons d'infortune, qu'ils soient juifs, communistes ou homosexuels, avec les étapes successives de la méfiance et de l'exclusion, jusqu'à la haine la plus barbare. Mais la narration de Tony Gatlif y apporte une touche filmique profondément désinvolte, qui vise plus la tragédie collective, voire universelle, que le drame à l'échelle individuelle. La caméra toujours en mouvement, parfois même d'une manière frénétique, nous entraîne ainsi dans un tourbillon historique, qui transcrit le désarroi du peuple nomade face à la persécution dans un ton plutôt abstrait.
Du coup, le développement des personnages fait défaut au film, qui préfère brosser large et évoquer ainsi avec panache l'esprit communautaire des tsiganes. De même, le côté français de l'affaire, représenté par les personnages abusivement valeureux de Marie-Josée Croze et Marc Lavoine, nous paraît trop propret pour s'associer sincèrement à l'exubérance des coutumes bohémiennes. Il n'empêche que, rien que pour nous permettre une fois de plus de jeter un coup d'oeil respectueux et instructif sur cette civilisation parallèle et éloignée de la nôtre, Liberté vaut largement le déplacement.
Vu le 9 février 2010, au Club de l'Etoile, en VO