From Paris with Love

Réalisé par Pierre Morel (2010)

Action
From Paris with Love
Durée 92 minutes
Sortie 17/02/2010
Note 6/10

L'assistant de l'ambassadeur américain à Paris James Reese accomplit de temps en temps quelques missions mineures pour les services secrets. Il espère un jour devenir lui-même un agent secret, grâce à ses loyaux services dans des tâches aussi peu glorieuses que le changement de plaques d'immatriculation ou l'infiltration du bureau du ministre français des affaires étrangères. L'opportunité rêvée pour montrer à ses supérieurs cachés ses véritables qualités se présente, lorsque Reese est chargé de libérer l'agent Charlie Wax des douanes et de l'accompagner en tant qu'équipier lors d'une dangereuse mission dans le milieu des trafiquants de drogues.

Les critiques

Par Mulder 25/01/2010

Taken fut le plus gros succès de EuropaCorp sur le territoire américain. Avec un tel succès, le réalisateur Pierre Morel eut l’occasion de réitérer l’exploit, en mettant ses nombreux talents en application sur la dernière production du même studio. From Paris with Love semble élaboré sur les mêmes bases que Taken. Le personnage principal, ici un John Travolta en pleine forme, doit se rendre à Paris pour mettre hors d’état de nuire des terroristes, vendeurs de drogues. Pour sa mission, il sera appuyé par un assistant personnel de l'ambassadeur américain à Paris (campé par Jonathan Rhys-Meyers). Ce film d’action utilise ainsi tous les éléments ayant fait leurs preuves dans les films d’actions des années 1980, telles les scènes de fusillade, les courses poursuites ou les scènes de combats, avec efficacité mais sans révolutionner le genre.

Malgré un scénario très simpliste, il faut reconnaître le talent hors pair de Pierre Morel pour nous présenter un film décomplexé au possible et très réussi. Pour notre plus grand plaisir, l’espion américain ne respecte rien ici, ni les policiers, ni les femmes terroristes, et encore moins les règles de droit français. Cet agent pourrait ainsi se voir comme une version de l’agence XXX revisité par Luc Besson, soit un as de l’espionnage, capable de se trimballer sur le périphérique avec un lance missile, de se battre contre une dizaine d’ennemis mains nus, ou de faire le grand nettoyage dans un restaurant chinois. Il est clair que l’intrigue ne fait pas la force de ce film. Mais retrouver John Travolta dans un tel bon rôle depuis Opération Espadon ne peut laisser aucun spectateur indifférent. A cela rajouter la présence du sublime mannequin polonais Kasia Smutniak. Malgré son petit rôle, elle retient mon attention et j’espère la revoir dans un rôle plus conséquent.

La logistique du film qui s’appuie sur un casting convaincant, des scènes d’action stylisées et efficaces, et une réalisation bien huilée n’arrivent pourtant pas à masquer un scénario trop linéaire et simpliste en soi, qui ne permet surtout pas de faire monter en crescendo le suspense. Luc Besson est certes un des meilleurs réalisateurs français, un surdoué pour inventer des concepts efficaces. Il n’est malheureusement pas l’un de nos meilleurs scénaristes.

Vu le 13 janvier 2010, à l'Elysées Biarritz, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Tootpadu 14/01/2010

Le succès commercial considérable du film précédent de Pierre Morel aux Etats-Unis a dû inciter le réalisateur et son équipe à réessayer la même formule, dans le but d'engranger encore plus d'argent. Comme dans Taken, nous suivons donc des agents américains, qui ont peu d'égards pour les attractions touristiques de la capitale, puisqu'ils préfèrent canarder sans distinction les hordes de méchants facilement identifiables. Il faut en effet un scénariste français de la trempe d'un Luc Besson, avec sa maison de production comme appui, afin de fabriquer un film aussi peu regardant sur les exigences du politiquement correct. Même les Américains n'oseraient plus raconter une histoire aussi simpliste, redevable de l'idéologie radicale de la Guerre froide, où globalement tout ce qui n'est pas américain est mauvais. Les boucs émissaires sont vite trouvés, sous la forme de trafiquants de drogues ou de terroristes qui appartiennent tous, hélas et sans surprise, aux races considérées jadis comme menaçantes, voire inférieures.
Pour séduire un public américain peu exigeant, Luc Besson et consorts tombent en effet bien bas dans leur apologie du racisme, de la xénophobie, et de la misogynie. Le pire dans cette affaire méprisable d'un point de vue idéologique, c'est qu'aucun recours au second degré ne relativise les énormités générées par la suprématie des successeurs à peu près dignes des rôles tenus dans les années 1980 par Sylvester Stallone ou Arnold Schwarzenegger. Un semblant d'ironie ne s'opère que lorsqu'il s'agit de rendre l'apparence du super-agent Wax plus humaine, à travers des détails aussi dérisoires que son amour pour les cheeseburgers et les chansons nostalgiques. Mais tout le bagage idéologique de From Paris with Love, qui réduit la banlieue à un repère d'immigrés squatteurs, au mieux buveurs de thé, et qui colporte sans gêne le cliché des Asiatiques tous membres d'une triade, reçoit sans le moindre scrupule le sceau d'approbation de Besson, qui promeut depuis longtemps en tant que scénariste cette vision du monde simpliste, populiste et par conséquent lucrative pour ses intérêts financiers.
Il n'en reste pas moins que ce film est d'une efficacité redoutable, si l'on veut bien faire abstraction de ses lacunes scénaristiques majeures. L'action s'y déchaîne à un rythme quasiment ininterrompue. Et les cascades sont suffisamment spectaculaires pour nous faire oublier leur manque de réalisme. Dommage alors que ce divertissement populaire musclé ait eu besoin de doubler son intrigue sans fioritures d'une idéologie aussi douteuse !

Vu le 13 janvier 2010, à l'Elysées Biarritz, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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