Yuki et Nina
Réalisé par Nobuhiro Suwa, Hippolyte Girardot (2009)
Drame
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 09/12/2009 |
| Note | 5/10 |
Au début des vacances d'été, la jeune Yuki apprend que ses parents vont ses séparer. Son père restera à Paris, tandis que sa mère rentrera au Japon. Elle compte bien emmener sa fille de neuf ans. Mais Yuki ne veut pas que ses parents divorcent. Avec sa meilleure amie Nina, elle tente alors par tous les moyens de les faire changer d'avis.
La critique
Par Tootpadu 27/10/2009
Conter l'enfance au cinéma, cela implique toujours un choix périlleux du point de vue. La plupart de films avec de jeunes protagonistes sont en effet conçus par des adultes, dont l'état d'esprit et les actes reflètent le plus souvent des préoccupations, en décalage générationnel avec l'insouciance qu'offre le début de la vie. Au mieux, de vagues souvenirs de leur propre enfance permettent aux scénaristes et aux réalisateurs un semblant d'authenticité. Au pire, ils imposent leur vision du monde à travers des oeuvres motivées principalement par l'appât du gain. Rares sont les films, qui tentent sincèrement de suivre par le biais de leur forme un modèle, qui se rapprocherait de la conception instinctive du monde par les enfants. En même temps, les impératifs temporels d'un long-métrage doivent forcément rentrer en conflit avec le flottement innocent dans l'espace et le temps, que les adultes hautement responsabilisés envient tant à leur progéniture.
Cependant, ces rares essais qui osent sortir des sentiers battus ne correspondent pas nécessairement à l'idée qu'on se fait d'un cinéma divertissant ou, par défaut, intriguant. Le meilleur exemple de cet écart à la règle, qui ne nous avait pourtant apporté aucune satisfaction, serait Demi-tarif d'Isild Le Besco. Comme dans le premier film de l'actrice, où l'on suivait le quotidien décousu d'enfants laissés à eux-mêmes, ce film-ci, qui constitue les débuts en la matière de Hippolyte Girardot, en compagnie du chevronné et autrefois prometteur Nobuhiro Suwa, repose sur une intrigue minimaliste, portée par l'imagination des jeunes héroïnes. La dimension tragique du divorce des parents y est analysée à travers les yeux d'une gamine, traumatisée par cet événement inconcevable dans l'environnement préservé où elle avait grandi jusque là.
Les moyens qu'elle emploie pour arranger la situation touchent plus par leur rôle de témoins d'un désespoir infantile, que par la probabilité infime de leur succès. Les stades psycholgiques classiques du choc, de la négation, du rejet, et de l'acceptation des faits permettent à Yuki de trouver un côté positif à son déménagement forcé au Japon. La même chose n'est que partiellement vraie pour le plaisir que l'on éprouve face à ce film plus mou que poétique. Le naturalisme révendiqué de la narration n'autorise qu'un engagement émotionnel limité. Et seules les séquences finales au Japon renouent avec la pureté cinématographique, avec laquelle Nobuhiro Suwa avait su nous séduire dans Un couple parfait.
Cependant, ces rares essais qui osent sortir des sentiers battus ne correspondent pas nécessairement à l'idée qu'on se fait d'un cinéma divertissant ou, par défaut, intriguant. Le meilleur exemple de cet écart à la règle, qui ne nous avait pourtant apporté aucune satisfaction, serait Demi-tarif d'Isild Le Besco. Comme dans le premier film de l'actrice, où l'on suivait le quotidien décousu d'enfants laissés à eux-mêmes, ce film-ci, qui constitue les débuts en la matière de Hippolyte Girardot, en compagnie du chevronné et autrefois prometteur Nobuhiro Suwa, repose sur une intrigue minimaliste, portée par l'imagination des jeunes héroïnes. La dimension tragique du divorce des parents y est analysée à travers les yeux d'une gamine, traumatisée par cet événement inconcevable dans l'environnement préservé où elle avait grandi jusque là.
Les moyens qu'elle emploie pour arranger la situation touchent plus par leur rôle de témoins d'un désespoir infantile, que par la probabilité infime de leur succès. Les stades psycholgiques classiques du choc, de la négation, du rejet, et de l'acceptation des faits permettent à Yuki de trouver un côté positif à son déménagement forcé au Japon. La même chose n'est que partiellement vraie pour le plaisir que l'on éprouve face à ce film plus mou que poétique. Le naturalisme révendiqué de la narration n'autorise qu'un engagement émotionnel limité. Et seules les séquences finales au Japon renouent avec la pureté cinématographique, avec laquelle Nobuhiro Suwa avait su nous séduire dans Un couple parfait.
Vu le 22 octobre 2009, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10