Divorce à l'italienne

Réalisé par Pietro Germi (2009)

Comédie de moeurs, Reprise
Divorce à l'italienne
Durée 105 minutes
Sortie 08/07/2009
Note 6/10

Le noble sicilien Ferdinando Cefalu est marié depuis douze ans avec Rosalia, une épouse dévouée mais naïve. Las de ce mariage qui ne l'excite plus, Ferdinando tombe secrètement amoureux de sa jeune cousine Angela, installée avec sa famille dans la même demeure que celle de Ferdinando. Faute de pouvoir divorcer, ce dernier imagine déjà toutes sortes de moyens pour tuer sa femme, lorsqu'il se rend compte qu'Angela partage les sentiments à son égard. Fou de joie, il élabore alors un plan farfelu, qui lui permettrait d'assassiner sa femme, la fidélité même, dans un accès de jalousie, sans encourir le risque d'une peine de prison prolongée.

La critique

Par Tootpadu 30/06/2009

La reprise de ce classique de la comédie à l'italienne de 1961 permet de découvrir un film mordant, qui ne se fait pas d'illusions sur l'imperfection de la nature humaine, peu importe son contexte social, qui a forcément évolué depuis. La complexité des rapports entre hommes et femmes n'aura ainsi pas gagné en sagesse, grâce à l'adoption du divorce en Italie en 1970. L'impossibilité de la séparation légale n'est de toute façon qu'un prétexte pour le scénario oscarisé de Divorce à l'italienne de parcourir, sur un ton moqueur, les étapes successives de la passion romantique et avec elle, les obstacles sociaux qui cherchent à empêcher son épanouissement.
Au fond, ce Ferdinando Cefalu n'est qu'un amoureux transi, un homme blasé qui se laisse aveugler par une passion romantique et clairement sexuelle contre toute raison. C'est à travers ses maladresses et sa fébrilité de mari frustré que nous sommes attirés dans une intrigue, qui enchaîne peut-être d'une manière trop schématique ses desseins de crime passionnel. Un voyeur maladif, le personnage se trouve constamment dans un état d'observation, de lui-même et de ce que les autres peuvent penser de lui. La voix off et le récit cadre au moment de sa libération accentuent encore ce sentiment de subjectivité, un garant à la fois de comédie née de la frustration et de l'insécurité de Ferdinando et d'une narration pas forcément des plus agiles.
Enfin, ce film constitue un rappel nostalgique du talent de Marcello Mastroianni, nommé à l'Oscar pour son rôle de noble qui court après la cocufiction et l'obtient finalement malgré lui. Son air d'innocent malmené, son tic nerveux qui marque et la résignation et le dépit, et bien sûr son allure de "latin lover" assez vain sont des testaments doux-amers de la bravoure d'un comédien, comme le cinéma italien n'a pas su en produire depuis !

Vu le 24 juin 2009, à la Salle Pathé Lincoln, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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