Après l'océan
Réalisé par Eliane De Latour (2009)
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 08/07/2009 |
| Note | 5/10 |
Shad et Otho, deux amis d'Abidjan, ont tenté leur chance en tant qu'immigrés clandestins en Espagne. Ils s'y occupent ensemble du transfert d'aventuriers comme eux depuis le port. Shad se fait en plus un peu d'argent sur le côté, grâce aux combines de Tétanos. Suite à une descente de police, Otho est renvoyé en Côte d'Ivoire sans rien, à l'immense déception de sa famille. Shad arrive à prendre la fuite et passe en Angleterre, où son statut de sans-papiers ne le met nullement à l'abri d'une existence au bord de la légalité.
La critique
Par Tootpadu 11/06/2009
Malheureusement, l'intrigue d'Après l'océan ne réussit pas à développer suffisamment l'opposition entre ceux qui feraient tout pour l'argent et ceux qui campent sur leurs principes, quitte à devenir la risée du quartier. Assez tôt, l'incompatibilité de philosophie entre Shad et Otho devient apparente. Le reste du film ne sert alors plus qu'à illustrer cette différence d'opinion, pas toujours de façon subtile ou astucieuse. En effet, il manque à ce film engagé l'étincelle d'originalité, qui le distinguerait des autres contes contemporains sur l'inégalité des chances. Même si le scénario ne manque pas de perspicacité par rapport à la pauvreté des options qui se présentent aux immigrés clandestins au moment de leur débarquement en Europe, il n'en tire pas pour autant une intrigue fascinante.
C'est tout d'abord la narration elle-même qui est en cause dans ce semi-échec regrettable. Passant sans cesse du coq à l'âne, le fil narratif ne permet pas de donner à l'intrigue une structure organique. Ces lacunes de l'écriture deviennent surtout apparentes, lorsque Shad revient tout d'un coup comme un prince en Côte d'Ivoire, alors que nous l'avions encore vu brûler des voitures au plan précédent. Les ellipses paresseuses empêchent ainsi le film d'être autre chose qu'un pamphlet approximatif, certes bien intentionné, mais qui fait passer en revue quelques événements convenus, au lieu de soigner l'intensité et la cohésion dramatiques de l'ensemble.
Vu le 10 juin 2009, au Club Marbeuf