Pays à l'envers (Le)
Réalisé par Sylvaine Dampierre (2009)
Documentaire
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 29/04/2009 |
| Note | 5/10 |
La réalisatrice Sylvaine Dampierre retourne en Guadeloupe après de nombreuses années d'absence. Elle espère y trouver les traces de ses ancêtres, les Dampierre, et en savoir plus sur le passé de sa famille. Avec l'aide du généalogiste Michel Rogers, elle fouille dans les registres d'état civil locaux et elle interroge son père, le premier de sa famille à partir en métropole pour les études, sur l'île d'antan.
La critique
Par Tootpadu 03/04/2009
Il est important de savoir d'où on vient. Cet élément crucial de la constitution d'une identité personnelle, ce documentaire est allé le chercher avec détermination et avec une ouverture d'esprit tout à fait respectable. La réalisatrice Sylvaine Dampierre a voulu creuser plus en profondeur, aller plus loin que le simple rappel de ses souvenirs d'enfance, par films de famille interposés. Et elle est revenue de ce voyage, que l'on peut considérer comme initiatique, avec beaucoup d'impressions et d'informations intéressantes.
Les Antilles en général, et la Guadeloupe en particulier, sont en quelque sorte le parent pauvre de la France : un territoire satellite qui n'est bon qu'à y passer les vacances ou à défrayer la chronique, comme encore récemment, avec ses manifestations violentes d'une grogne sociale permanente. Le regard de ce documentaire instructif reste à l'écart de cette polarisation superficielle. Sylvaine Dampierre n'est pas vraiment une fille de l'île, mais ses origines lui permettent de s'intéresser à son histoire avec une sincérité, qui manquerait à un simple chercheur ethnographe venu de l'extérieur. Du coup, le champ de son enquête est assez large et aborde autant les arbres généalogiques que les concours de jardins créoles ou l'histoire d'une économie jadis florissante.
Hélas, les plus importantes limitations formelles du Pays à l'envers proviennent de cette profusion d'approches. Dépourvu d'une ligne conductrice claire, le documentaire a un peu trop tendance à passer du coq à l'âne, ou des films en super 8 avec une discussion imaginaire entre la réalisatrice et son fils, encore plus éloigné de ses racines, en fond sonore à une répétition de danse expressive. Autant Sylvaine Dampierre prône l'ouverture d'esprit et l'appropriation d'un passé dénigré, autant il lui manque un thème ou un symbole fédérateur qui traduirait cette volonté louable en des termes filmiques saisissants. Faute d'indications précises par rapport aux intervenants, le spectateur se sent toujours un peu à l'écart de la quête de la réalisatrice. Ce qui est dommage en vue de son ambition globale, qui souhaite récrire pas uniquement son histoire personnelle, mais celle toute entière de son peuple au sens large, en manque d'une identité forte.
Les Antilles en général, et la Guadeloupe en particulier, sont en quelque sorte le parent pauvre de la France : un territoire satellite qui n'est bon qu'à y passer les vacances ou à défrayer la chronique, comme encore récemment, avec ses manifestations violentes d'une grogne sociale permanente. Le regard de ce documentaire instructif reste à l'écart de cette polarisation superficielle. Sylvaine Dampierre n'est pas vraiment une fille de l'île, mais ses origines lui permettent de s'intéresser à son histoire avec une sincérité, qui manquerait à un simple chercheur ethnographe venu de l'extérieur. Du coup, le champ de son enquête est assez large et aborde autant les arbres généalogiques que les concours de jardins créoles ou l'histoire d'une économie jadis florissante.
Hélas, les plus importantes limitations formelles du Pays à l'envers proviennent de cette profusion d'approches. Dépourvu d'une ligne conductrice claire, le documentaire a un peu trop tendance à passer du coq à l'âne, ou des films en super 8 avec une discussion imaginaire entre la réalisatrice et son fils, encore plus éloigné de ses racines, en fond sonore à une répétition de danse expressive. Autant Sylvaine Dampierre prône l'ouverture d'esprit et l'appropriation d'un passé dénigré, autant il lui manque un thème ou un symbole fédérateur qui traduirait cette volonté louable en des termes filmiques saisissants. Faute d'indications précises par rapport aux intervenants, le spectateur se sent toujours un peu à l'écart de la quête de la réalisatrice. Ce qui est dommage en vue de son ambition globale, qui souhaite récrire pas uniquement son histoire personnelle, mais celle toute entière de son peuple au sens large, en manque d'une identité forte.
Vu le 2 avril 2009, au Club de l'Etoile
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10