Un chat un chat

Réalisé par Sophie Fillières (2009)

Comédie Dramatique
Un chat un chat
Durée 106 minutes
Sortie 25/03/2009
Note 6/10

Célimène préfère qu'on l'appelle Nathalie. Mais même sous son nom de plume, l'inspiration ne lui vient plus. Après deux livres publiés, Nathalie ne se sent plus capable d'écrire quoique ce soit. Alors que son appartement est en travaux, ses crises de somnambulisme et de mutisme reprennent. De surcroît, l'écrivain est harcelée par Anaïs, une fan presque vingt ans plus jeune qu'elle, qui lui propose de s'inspirer d'elle pour son prochain livre.

La critique

Par Tootpadu 03/03/2009

Le thème de l'idolâtrie est plus que récurrent au cinéma. On se souvient des actrices supplantées dans Eve de Joseph L. Mankiewicz ou plus récemment dans Le Rôle de sa vie de François Favrat ou du joueur de baseball harcelé dans l'ignoble Fan de Tony Scott. Ici, c'est un écrivain qui est au coeur de l'intrigue, sans que l'on puisse par contre établir trop de parallèles avec la vénération sanglante dans Misery de Rob Reiner. Ce quatrième film de Sophie Fillières se démarque davantage par un ton enjoué, qui ne prend pas trop au sérieux les tracas existentiels de son protagoniste.
Nathalie, interprétée de façon radieuse par une Chiara Mastroianni que nous aimerions voir plus souvent dans des rôles principaux aussi savoureux, est en effet si paumée, qu'elle se laisse embobiner par sa fan insistante sans lui opposer trop de résistance. L'exemple type de la trentenaire qui est arrivée au bout d'un cul-de-sac vital, son personnage se distingue néanmoins par la subtilité avec laquelle Sophie Fillières la décrit. Il serait en fait facile de se moquer de ses travers psychologiques ou de son attitude passive, à travers laquelle elle absorbe comme une éponge tout ce que sa vie sociale dysfonctionnelle a à lui offrir. Et pourtant, le soutien pas complètement désintéressé d'Anaïs lui permet de reprendre à peu près pied.
Le scénario délicat de Sophie Fillières ne réaliserait pas tout son potentiel, si ce n'était pour les interprétations très convaincantes de ses comédiens. Outre l'excellente Chiara Mastroianni déjà mentionnée, citons un Malik Zidi plus mature et ténébreux que dans ses films précédents, ainsi qu'une Agathe Bonitzer, fille de la réalisatrice, qui trouve le ton juste pour son rôle d'une adolescente plus imprévisible que mentalement instable.

Vu le 2 mars 2009, au Club 13

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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