Mister Lonely
Réalisé par Harmony Korine (2008)
Drame
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 17/12/2008 |
| Note | 7/10 |
Un sosie de Michael Jackson gagne tant bien que mal sa vie à Paris. Mais il n'aime pas la ville, puisqu'il ne parle pas français et n'y connaît personne. Lors d'une représentation dans une maison de repos, il rencontre une Marilyn Monroe, qui lui propose de le rejoindre en Ecosse, où elle a fondé une communauté de sosies avec son mari Charlot et sa fille Shirley Temple. Ensemble, les sosies construisent un théâtre pour donner leur premier spectacle.
La critique
Par Tootpadu 29/10/2008
Il aura fallu attendre plus de huit ans, depuis Julien Donkey-boy, avant de voir sortir en France un nouveau film réalisé par Harmony Korine. Une attente qui a largement valu la peine, tellement Mister Lonely est un film d'une grande beauté esthétique et poétique. Au croisement fusionnel entre les styles de Todd Haynes et de Terrence Malick, Korine livre un petit chef-d'oeuvre mélancolique et absurde, sur l'illusion de la foi, qu'elle soit de l'ordre du religieux ou de celui d'un monde parallèle, peuplé de créatures grotesques.
La beauté plastique du faire semblant entre régulièrement en conflit avec la tristesse des hommes et des femmes qui s'y adonnent. Une remarquable étude sur l'état d'esprit névrosé de ses personnages à l'écart de la réalité, le film n'hésite pas à plonger avec eux dans leur délire éphémère. Mais il sait tout aussi bien indiquer les limites de ce rêve éveillé, qui ramène à la fois les sosies et les religieuses face à leur propre vulnérabilité physique et émotionnelle. Pour les uns, cet éveil brutal se solde par une nouvelle naissance comme individu investi d'une personnalité unique, pour les autres, il prouvera une fois pour toutes que les nonnes ne savent pas voler. Toutefois, dans les deux cas, issus d'une structure narrative élaborée, Harmony Korine préserve le ton poétique, qui caractérisait leur fuite de la réalité initiale.
Profondément contemplatif, Mister Lonely est un hymne tout en douceur et d'une délicatesse subjuguante à la différence et au courage de suivre son idéal, aussi aberrant soit-il.
La beauté plastique du faire semblant entre régulièrement en conflit avec la tristesse des hommes et des femmes qui s'y adonnent. Une remarquable étude sur l'état d'esprit névrosé de ses personnages à l'écart de la réalité, le film n'hésite pas à plonger avec eux dans leur délire éphémère. Mais il sait tout aussi bien indiquer les limites de ce rêve éveillé, qui ramène à la fois les sosies et les religieuses face à leur propre vulnérabilité physique et émotionnelle. Pour les uns, cet éveil brutal se solde par une nouvelle naissance comme individu investi d'une personnalité unique, pour les autres, il prouvera une fois pour toutes que les nonnes ne savent pas voler. Toutefois, dans les deux cas, issus d'une structure narrative élaborée, Harmony Korine préserve le ton poétique, qui caractérisait leur fuite de la réalité initiale.
Profondément contemplatif, Mister Lonely est un hymne tout en douceur et d'une délicatesse subjuguante à la différence et au courage de suivre son idéal, aussi aberrant soit-il.
Vu le 27 octobre 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10