A Short Film about the Indio Nacional

Réalisé par Raya Martin (2008)

Drame historique
A Short Film about the Indio Nacional
Durée 96 minutes
Sortie 09/07/2008
Note 5/10

Un homme raconte à sa femme insomniaque une parabole sur les peines de leur pays, les Philippines. Dans les années 1890, un garçon, d'abord sonneur de cloches d'église, s'engage dans la rébellion Katipuneros, contre l'envahisseur espagnol. Devenu adulte, il joue dans une troupe de théâtre le rôle d'un géant mythique, qui se débat contre deux montagnes.

La critique

Par Tootpadu 25/06/2008

L'ambition stylistique du jeune réalisateur philippin Raya Martin devient très vite apparente au cours des premières minutes de ce film, qui est censé débuter une trilogie sur le passé colonial de son pays. Après deux plans aussi rapides qu'énigmatiques, directement inspirés de l'esthétique du cinéma muet, Martin commence réellement son film avec trois très longues prises, d'au moins cinq minutes chacune. Pendant ce temps, la narration est largement suspendue, comme pour mieux nous préparer à ce qui suit : le récit assez abstrait et minimaliste d'un jeune homme, qui se révolte contre l'occupation espagnole.
Le style du réalisateur pour ce conte aventurier s'inspire fortement du cinéma muet, puisque l'information verbale, souvent d'une grande banalité et redondance, y est exclusivement transmise par intertitres et que le son consiste en une partition assez monotone. Néanmoins, l'aspect visuel est des plus saisissants, et compense partiellement pour une narration tellement vague et contemplative, que le spectateur non initié aura beaucoup de mal à se retrouver dans cette évocation historique nébuleuse. Rien que la beauté plastique de la plupart des plans et l'attention particulière porté à la distension du temps filmique, participent à rendre ce film, sinon facile à comprendre, au moins fascinant à regarder.
Trop souvent, le style de Raya Martin se fourvoie dans une abstraction excessive, qui dépouille les images de toute accessibilité aisée, pour n'en laisser que des impressions à la fois enivrantes et passagères. La première partie du film, avec sa lenteur revendiquée, dont la teneur narrative et l'impact sur la suite sont minimaux, fait ainsi penser au style d'un confrère situé légèrement plus à l'ouest, Apichatpong Weerasethakul, qui s'adonnait à des expériences aussi éprouvantes dans son premier film Blissfully yours. La majorité "muette" de A Short Film about the Indio Nacional relève par contre davantage d'un souci d'abstraction d'événements historiques, qui se retourne en fin de compte contre le film.

Vu le 25 juin 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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