Glory to the Filmmaker !
Réalisé par Takeshi Kitano (2008)
| Durée | 104 minutes |
| Sortie | 16/07/2008 |
| Note | 7/10 |
Le célèbre réalisateur et acteur Takeshi Kitano a juré de ne plus tourner des films de gangster, dans lesquels il avait eu le plus de succès jusqu'à présent. Mais quelle voie et quel genre choisir alors ? Après s'être essayé au drame social à la Ozu, au film de sabre, au mélodrame sentimental et à l'évocation de son enfance misérable dans les années 1950, le réalisateur décide finalement de se lancer dans un film catastrophe, aux effets spéciaux sophistiqués. Un astéroïde va bientôt rentrer en collision avec la Terre. Ce sera à deux femmes et un ancien champion de karaté de voler au secours de l'humanité, si toutefois elle peut encore être sauvée ...
La critique
Par Tootpadu 24/06/2008
Takeshi Kitano sort d'emblée des sentiers battus, avec son pantin, qui est à la fois un souffre-douleur très utile et un symbole plutôt complexe de la dualité et du transfert d'identité tout au long du film. Alors qu'on pourrait croire d'abord que le film consiste essentiellement en un défilé de genres, sous forme de parodies astucieuses et pleines de vérité, le récit se greffe finalement sur une histoire aberrante, qui n'a de Deep Impact que la prémisse. Car l'action à proprement parler s'articule davantage autour de personnages aussi loufoques que tragiques, entraînés dans des événements pas moins grotesques que les persiflages, que le réalisateur faisait passer en revue pendant la première moitié du film.
Glory to the Filmmaker ! est un petit miracle de cinéma, qui sait en même temps disséquer avec une ironie cinglante les rouages de cette forme de divertissement vieille de plus d'un siècle. Dans le dossier de presse, Takeshi Kitano regrette que le cinéma n'ait pas connu de réelle révolution formelle, à l'image du cubisme ou du fauvisme en peinture. Avec son nouveau film, il ne se débarrasse certainement pas du bagage esthétique et narratif du cinéma, mais il sait le tourner en dérision - à moins de le faire tourner en bourrique - avec une telle liberté d'expression, qu'on ne peut qu'acclamer cette expérience en absurdité hautement hilarante !
Vu le 23 juin 2008, à la Salle Pathé Lincoln, en VO