Fleur secrète

Réalisé par Konuma Masaru (2008)

Drame
Fleur secrète
Durée 74 minutes
Sortie 30/07/2008
Note 5/10

Makoto Katagiri est traumatisé, après avoir assassiné un client de sa mère, une prostituée, lorsqu'il était enfant. Depuis, il n'arrive plus à bander et seules les photos de bondage, prises dans la cave de sa mère, lui procurent du plaisir. Son patron Senzô Tôyama a pris connaissance des clichés compromettants et compte bien tirer profit des pulsions fétichistes de son employé. La belle Shizuko Tôyama a en effet demandé le divorce de son mari, dont les pratiques et l'appétit sexuels la dégoûtent. Le vieil homme charge alors Makoto de dresser Shizuko, afin de la rendre plus docile et soumise.

La critique

Par Tootpadu 23/06/2008

Après Quand l'embryon part braconner il y a neuf mois, ce film aussi érotique que sadique est la deuxième exploration tardive du genre en France. En comparaison avec le film de Koji Wakamatsu, celui-ci relativise au moins partiellement le rôle soumis de la femme. Bien que les personnages féminins ne soient une fois de plus bons qu'à assouvir les désirs fétichistes de leurs pendants masculins, ces derniers ne sont pas non plus dépeints sous un jour favorable. Tandis que Makoto subit de plein fouet le chantage psychologique de sa mère possessive, au point d'en perdre une partie de ses capacités masculines et de végéter dans le stade adolescent de la vie sexuelle, son patron panique d'une façon pas moins enfantine dès qu'il voit du sang.
Fleur secrète nous rappelle, par son ton passablement enjoué et son enchaînement de séquences de soumission, qui vont même jusqu'à la scatologie pure et simple, ces films érotiques anodins, qui passaient dans notre enfance sur les chaînes privées le samedi soir. Avant tout empressée d'enchaîner les scènes de sexe plus ou moins hards à un rythme soutenu, l'intrigue remplissait les intervalles avec des batifolages, qui exploraient avec une fausse naïveté le décor folklorique ou les soucis psychologiques des personnages. De même, la base des motivations de Makoto est presque risiblement exacerbée dans le cas présent. Traumatisé par la découverte effrayante de la sexualité et de la différence raciale dans son enfance, au cours d'une altercation digne d'un fait divers tout droit sorti de la vie privée de Lana Turner ou de Marnie, le trentenaire complexé devra surmonter cette tare psychologique, avant de pouvoir s'adonner aux jeux sexuels apparemment en vogue au Japon à l'époque, c'est-à-dire au début des années 1970.

Vu le 18 juin 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Retour à la liste des Critiques