Ode pavillonnaire
Réalisé par Frédéric Ramade (2008)
Docu-fiction
| Durée | 48 minutes |
| Sortie | 04/06/2008 |
| Note | 6/10 |
Frédéric Ramade a grandi dans le pavillon familial près du village Fondettes, en Indre-et-Loire. Il y revient pour s'interroger sur cette forme d'habitation prisée par une certaine classe de Français, sur ses avantages et ses inconvénients.
La critique
Par Tootpadu 06/05/2008
Pour avoir grandi dans un environnement de banlieue semblable à celui du film, dépourvu d'histoire et d'un développement organique, nous pouvons affirmer sans gêne que Frédéric Ramade en condense parfaitement l'état d'esprit. Entre la quiétude bucolique et l'ennui mortel des villes dortoirs, ces lotissements sont le témoin par excellence de la quête du confort de la part de la petite bourgeoisie européenne. Vivre dans sa propre maison modeste est considéré, par certains, comme l'aboutissement de la course au bonheur matériel, alors qu'il s'agirait plutôt d'une mise à l'écart programmée et perfidement volontaire de la classe moyenne silencieuse.
Le réalisateur ne se fait guère d'illusions sur ce mode de vie préservé. Il assume complètement son aspect ringard et la gentillesse provinciale des habitants de sa bourgade. En même temps, il ne cesse d'interroger cette acceptation de la conformité existentielle, à travers une forme qui alterne sans la moindre inhibition entre des considérations sociales poussées et lucides et des tableaux à l'aspect amateur révendiqué. En faisant de ses parents et de sa soeur les acteurs de son film, à mi-chemin entre le documentaire social et le théâtre de famille improvisé, Ramade peut se permettre d'adopter une pose légèrement moqueuse. Cette ironie est d'autant plus sincère et subtile, que le réalisateur prend activement part à l'aventure d'une vie de petits bourgeois complètement ordinaires. Par l'acceptation et le respect de la ringardise de la vie familiale, jusqu'aux tenues de nuit ou de sport point seyantes, le propos du film gagne indéniablement en vérité, aussi peu ambitieuse soit-elle.
Seule la parenthèse finale autour de Marcel Duchamp est expédiée un peu trop rapidement pour apporter une véritable mise en abîme artistique à cette descente aux enfers de la banalité des banlieues. Dans le même contexte, la deuxième arrivée des Japonais est loin d'être claire. Mais ce sont là des réserves mineures pour un moyen-métrage, qui jongle plutôt adroitement entre le personnel et l'universel, à travers une thématique, uniquement bonne jusqu'à présent dans le cinéma de fiction, pour sonder la dégénérescence sociale et émotionnelle qu'inspirent ces lotissements parfaitement interchangeables.
Le réalisateur ne se fait guère d'illusions sur ce mode de vie préservé. Il assume complètement son aspect ringard et la gentillesse provinciale des habitants de sa bourgade. En même temps, il ne cesse d'interroger cette acceptation de la conformité existentielle, à travers une forme qui alterne sans la moindre inhibition entre des considérations sociales poussées et lucides et des tableaux à l'aspect amateur révendiqué. En faisant de ses parents et de sa soeur les acteurs de son film, à mi-chemin entre le documentaire social et le théâtre de famille improvisé, Ramade peut se permettre d'adopter une pose légèrement moqueuse. Cette ironie est d'autant plus sincère et subtile, que le réalisateur prend activement part à l'aventure d'une vie de petits bourgeois complètement ordinaires. Par l'acceptation et le respect de la ringardise de la vie familiale, jusqu'aux tenues de nuit ou de sport point seyantes, le propos du film gagne indéniablement en vérité, aussi peu ambitieuse soit-elle.
Seule la parenthèse finale autour de Marcel Duchamp est expédiée un peu trop rapidement pour apporter une véritable mise en abîme artistique à cette descente aux enfers de la banalité des banlieues. Dans le même contexte, la deuxième arrivée des Japonais est loin d'être claire. Mais ce sont là des réserves mineures pour un moyen-métrage, qui jongle plutôt adroitement entre le personnel et l'universel, à travers une thématique, uniquement bonne jusqu'à présent dans le cinéma de fiction, pour sonder la dégénérescence sociale et émotionnelle qu'inspirent ces lotissements parfaitement interchangeables.
Vu le 6 mai 2008, à l'Espace Saint Michel, Salle 1
★★★★★★☆☆☆☆
6/10