Voyage de Primo Levi (Le)
Réalisé par Davide Ferrario (2008)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 12/03/2008 |
| Note | 5/10 |
Le 27 janvier 1945, le juif italien Primo Levi est libéré du camp d'extermination d'Auschwitz. Pendant de longs mois, il erre à travers l'Europe, de la Pologne à l'Allemagne, en passant par l'Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et l'Autriche, avant de rejoindre sa patrie et la ville de Turin. Levi évoquera cet été involontairement vagabond dans son livre "La Trêve", en référence au bref moment d'accalmie entre la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le début de la Guerre Froide. Soixante ans plus tard, le réalisateur italien Davide Ferrario refait ce même voyage, à travers une Europe orientale en pleine transformation.
La critique
Par Tootpadu 14/02/2008
Ce qui pose problème ici, c'est le lien exclusivement géographique entre le texte de Levi, cité sporadiquement lorsqu'un passage correspond aux événements vécus en route soixante ans plus tard, et ce voyage sur ses traces, qui s'obstine cependant à ne pas l'évoquer ouvertement. Le réalisateur paraît infiniment plus préoccupé par une relecture de l'imagerie de la propagande socialiste, désormais obsolète, qu'à enquêter sur les vestiges visibles ou rapportés du passage de ce héros symbolique des camps d'extermination. Les différentes stations du parcours sont aussi arbitraires que la démarche de Ferrario, avec des bribes d'un rassemblement de néo-nazis en Allemagne ou un plan de la maison natale de Hitler, qui s'intègrent plutôt mal dans le récit du voyage.
En partant dans tous les sens et en enregistrant un peu tout ce qui se passe au bord de la route, ce documentaire s'éloigne constamment de l'héritage de Levi. Il n'est évidemment pas obligatoire de susciter toujours la même indignation face à l'abomination des crimes des Allemands nazis contre le peuple juif et les autres minorités persécutées, mais se targuer de la mémoire d'une figure emblématique parmi les survivants comme Primo Levi, sans se diriger vers un objectif clair et en rapport compréhensible avec ce destin exceptionnel, n'est pas vraiment une démarche éclairante de documentaire.
Vu le 14 février 2008, au Club Marbeuf, en VO