Alexandra
Réalisé par Aleksandr Sokurov (2007)
Guerre
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 26/09/2007 |
| Note | 7/10 |
La vieille Alexandra Nikolaevna part en Tchétchénie pour rendre visite à Denis, son petit-fils, qui y est stationné comme officier dans l'armée russe.
La critique
Par Tootpadu 30/08/2007
L'univers filmique d'Aleksandr Sokurov est simplement merveilleux ! Loin de nous l'idée de poser comme un expert en la matière, et cela d'autant moins que nous étions complètement passés à côté de la rétrospective de son oeuvre à la Cinémathèque française au printemps passé. Mais force nous est de constater que ce conte singulier, présenté en compétition au Festival de Cannes et reparti bredouille, est le deuxième film du maître russe à nous enchanter d'une manière bien étrange.
L'immersion dans un monde créé entièrement grâce à l'art de Sokurov est une fois de plus complète. De la photographie aux tons ocre, à la musique d'une pureté solennelle, en passant par une bande son dont le doublage légèrement étouffé dénature encore un peu plus le lien avec la réalité, le style élégiaque du réalisateur est aussi fascinant que reconnaissable. Il respire une telle sensualité que son seul aspect plastique laisse rêveur et ébloui face à tant de beauté. Toutefois, les corps masculins ici encore abondamment dénudés ne participent pas au même jeu étrange et érotiquement chargé que dans Père, fils.
Alexandra traite bien plus de la présence d'un corps étranger sur le terrain de la désolation guerrière. L'intrusion de la vieille dame dans le microcosme du camp militaire de l'occupant déclenche en effet toute une série d'observations chargées de mélancolie. Cette visite n'existe, d'un point de vue narratif, que pour souligner les effets, dans le corps et dans l'âme, du déplacement sur un terrain hostile et inadapté. Le décalage flagrant entre la grand-mère et les soldats, mais aussi entre les Russes et les autochtones, fonctionne comme le fil conducteur d'une intrigue minimaliste.
L'immersion dans un monde créé entièrement grâce à l'art de Sokurov est une fois de plus complète. De la photographie aux tons ocre, à la musique d'une pureté solennelle, en passant par une bande son dont le doublage légèrement étouffé dénature encore un peu plus le lien avec la réalité, le style élégiaque du réalisateur est aussi fascinant que reconnaissable. Il respire une telle sensualité que son seul aspect plastique laisse rêveur et ébloui face à tant de beauté. Toutefois, les corps masculins ici encore abondamment dénudés ne participent pas au même jeu étrange et érotiquement chargé que dans Père, fils.
Alexandra traite bien plus de la présence d'un corps étranger sur le terrain de la désolation guerrière. L'intrusion de la vieille dame dans le microcosme du camp militaire de l'occupant déclenche en effet toute une série d'observations chargées de mélancolie. Cette visite n'existe, d'un point de vue narratif, que pour souligner les effets, dans le corps et dans l'âme, du déplacement sur un terrain hostile et inadapté. Le décalage flagrant entre la grand-mère et les soldats, mais aussi entre les Russes et les autochtones, fonctionne comme le fil conducteur d'une intrigue minimaliste.
Vu le 30 août 2007, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10