Daratt Saison sèche

Réalisé par Mahamat-Saleh Haroun (2006)

Drame
Daratt Saison sèche
Durée 95 minutes
Sortie 27/12/2006
Note 6/10

Après la guerre civile au Tchad, la commission d'enquête déclare une amnistie générale. Le jeune Atim est alors envoyé en ville par son grand-père pour venger la mort de son père. Ce dernier avait été assassiné par Nassara, un boulanger, avant la naissance d'Atim.

La critique

Par Tootpadu 29/12/2006

Entre la volonté de se venger et le passage à l'acte, une multitude d'émotions, de doutes et d'interrogations surgissent. Le récit de Mahamat-Saleh Haroun, récompensé au dernier festival de Venise, sur le périple d'un jeune homme qui part comme un orphelin déshérité, et qui revient en quelque sorte tel un fils prodigue, le démontre avec subtilité et dans le dépouillement formel.
Comme dans les films de ses confrères africains, dont Abderrahmane Sissako qui prend ici la fonction de producteur, le réalisateur fait de l'obligation des moyens budgétaires très restreints une vertue. Sa capacité de créer une réelle tension, faite de non-dits, de regards, et d'actions désobligeantes, entre le bourreau réticent et la victime épuisée, entre le fils meurtri par la mort de son père et le vieil homme en quête de successeur direct (l'adoption) et indirect (l'apprentissage du métier de boulanger), cette adresse de faire vivre son histoire simplement, mais intensément, se passe très bien d'effets de style superflus. Beaucoup de choses s'y passent dans un état d'attente : l'attente d'avoir le courage d'achever l'assassin, du moment opportun, ou bien celle de la tentative de rapprochement qui dépasse les limites qu'Atim semble dresser entre lui et le vieillard. Ce dernier point ouvre alors la voie à une fin aussi magistrale que poétique.
Le cinéma africain n'a peut-être pas les moyens économiques de rivaliser avec les autres continents, de véritables mastodontes cinématographiques, mais il nous prouve avec une régularité confondante à quel point la magie et la pertinence du Septième art n'ont nullement besoin de millions de dollars pour convaincre.

Vu le 29 décembre 2006, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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