History Boys
Réalisé par Nicholas Hytner (2007)
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 17/01/2007 |
| Note | 7/10 |
Au début des années 1980, dans une petite ville du Yorkshire, huit élèves d'un lycée pour garçons obtiennent de si bons résultats que le directeur les pousse à tenter l'examen d'entrée aux universités prestigieuses d'Oxford et Cambridge. Ils doivent donc retourner sur les bancs de l'école pour un trimestre et un programme de préparation intensif. Les cours de culture générale, dispensés avec une joie de vivre communicative par le vieux professeur Hector, alternent alors avec les leçons d'histoire du professeur Irwin, un jeune enseignant qui veut inciter les adolescents à penser différemment.
La critique
Par Tootpadu 17/11/2006
Au coeur de History Boys se trouve en effet la différence d'enseignement entre les méthodes joviales de Hector et l'approche plus pragmatique et réaliste d'Irwin et la réponse plus ou moins enthousiaste du petit groupe d'élèves à ces pôles d'éducation opposés. Ce rapport entre les enseignants et les adolescents est décrit avec une telle chaleur, un tel optimisme et, pourtant, une telle lucidité en vue de la vacuité des efforts et de la banalité du cadre, que tout ce que le film laisse volontairement de côté ne pèse plus si lourdement. Plus complexe et maîtrisé que Le Cercle des poètes disparus, le film auquel ce cinquième long-métrage de Nicholas Hytner sera inévitablement comparé, History Boys se concentre admirablement sur quelques traits clés de l'univers scolaire, au risque de s'enfermer dans une bulle réductrice.
L'exclusivité des préoccupations est sans doute la plus flagrante dans l'évocation de la sexualité des garçons et du corps enseignant. Le fait de voir apparaître des gays un peu partout élève le film en inspiration recommandable pour tous les jeunes homos en manque d'affirmation et d'idéaux, soites. Mais simultanément, cette prépondérance homosexuelle place le film sur le terrain glissant des prises de position tendancieuses, un environnement instable contre lequel le bel esprit du film n'est guère armé. D'où aussi notre réserve de ne pas vous conseiller aveuglement d'aller voir ce film, qui en fait, hélas, un peu trop dans l'acceptation de l'homosexualité à l'école.
Toujours est-il que nous n'avons pas souvenir d'un film britannique aussi parfaitement doux-amer, qui vous laisse avec une oeil souriant et l'autre en larmes, depuis Billy Elliot. Même si son idéalisme empêche toute prise en compte des problèmes réels de l'éducation de nos jours, ce film est une fiction des plus chaleureuses et euphorisantes !
Vu le 17 novembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO