
| Titre original: | Attente |
| Réalisateur: | Rashid Masharawi |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 94 minutes |
| Date: | 10 mai 2006 |
| Note: | |
Un réalisateur palestinien s'apprête à quitter définitivement son pays, lorsqu'un vieil ami, le directeur du futur théâtre national, lui demande une dernière faveur : effectuer un casting dans les pays voisins pour trouver des comédiens qui monteront sur scène à Gaza. Accompagné par Bissan, la présentatrice du journal de la télé palestinienne, fermée depuis un bombardement israélien, et un cadreur, le réalisateur accepte pas sans réticences cette mission qui le met face à la situation précaire des réfugiés dans les camps en Egypte, en Syrie et au Liban.
Critique de Tootpadu
Les contractions avant la naissance d'un véritable état palestinien sont douloureux. Les séquelles d'une occupation féroce sont ainsi omniprésentes dans ce film qui tente avec adresse de cerner un peuple dispersé partout dans le Proche Orient et opprimé chez lui. En suivant différentes pistes de réflexion et en privilégiant le côté humain du drame des réfugiés, le réalisateur Rashid Masharawi sort des chemins battus de l'apitoiement honorable pour évoquer une situation complexe, aussi absurde qu'inquiétante. Il s'y intéresse à ceux qui ne vivent plus sous les bombes, mais qui cultivent une nostalgie de leur terre d'origine qui fait preuve d'un décalage flagrant avec la réalité de l'occupation. La plupart des exilés que le personnage principal croise pendant sa tournée de castings n'ont plus accès à ce territoire sans autorité réelle, qui reste tributaire des organismes internationaux, de nos jours plus qu'au moment du tournage qui fait encore référence à Arafat.
Les petites touches avec lesquelles Masharawi rappelle régulièrement le passé, fait de massacres et d'exodes, et le présent, sans poids et sans identité, d'un peuple déraciné, ce sont là les signes d'une mise en scène qui maîtrise parfaitement ses moyens. Le réalisateur procède avec la même précision enlevée lorsqu'il s'agit de s'interroger sur le métier d'acteur. A l'opposé de la démarche agressive dans On ne devrait pas exister, qui sortira quelques jours plus tard, l'art dramatique est mis ici dans une perspective plus large et plus enrichissante. Et si tous ces expatriés n'étaient que des acteurs involontaires sur la scène d'un conflit dont ils ne sont que les victimes impuissantes, en attente du retour dans un paradis perdu ?
Vu le 17 mai 2006, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 7, en VO
Note de Tootpadu: