Aiguilles rouges (Les)

Aiguilles rouges (Les)
Titre original:Aiguilles rouges (Les)
Réalisateur:Jean-François Davy
Sortie:Cinéma
Durée:93 minutes
Date:10 mai 2006
Note:
En septembre 1960, une patrouille de huit jeunes scouts est envoyée pour escalader le massif du Brévent. Emmenés par Patrick, les garçons finiront par se perdre dans la montagne. C'est alors qu'ils apprendront à être solidaires, en dépit de leurs origines, de leurs croyances et de leurs histoires différentes.

Critique de Tootpadu

Gentil et propret, c'est l'impression que donne de prime abord cette évocation d'une aventure de jeunesse. Et pourtant, la gravité ne tarde pas à s'y installer, une fois que les garçons se sont égarés. L'aspect visuel imposant des montagnes, exploité jusqu'à satiété à travers les prises de l'aigle, rentre alors dans un rapport d'opposition plutôt intéressant avec le fond lugubre de l'histoire, qui rappelle Stand By Me ou plus récemment Mean Creek. Le désespoir des jeunes randonneurs arrive alors parfois à prendre corps, en dépit du ton consensuel de l'ensemble du film.
La mise en scène très "comme il faut" s'aligne en fait trop souvent sur le côté gentillet de l'histoire. La caractérisation très solide des personnages et l'irruption régulière de l'actualité politique (la guerre d'Algérie) paraissent comme des passages obligés d'un récit qui ne va jamais jusqu'au bout de ses possibilités. Pouvoir distinguer rapidement les huit membres de la patrouille grâce à des traits distinctifs sommaires (le Juif expatrié, le petit naïf, les deux gourmands inséparables, ...) apporte par conséquent une facilité de reconnaissance qui borde à la paresse, alors que la description n'est jamais poussée plus loin, au profit d'une solidarité bon enfant.
Le retour de Jean-François Davy derrière la caméra s'inscrit en fin de compte dans la série de plus en plus longue de contes enfantins un poil révisionnistes (Monsieur Batignole, Vipère au poing, Les Fautes d'orthographe), invariablement peuplés des mêmes jeunes acteurs (Sitruk, Jouillerot, ...). Cette tranche du cinéma français populaire nous inspire au mieux une indifférence douceâtre, comme dans le cas présent. On pourrait y voir les derniers vestiges du cinéma à papa, ou bien les réminiscences nostalgiques d'un temps révolu. Quoiqu'il en soit, il serait fort compliqué d'en tirer autre chose qu'un réconfort doux et foncièrement inoffensif.

Vu le 24 avril 2006, au Club 13

Note de Tootpadu: