
| Titre original: | Lobo (El) |
| Réalisateur: | Miguel Courtois |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 120 minutes |
| Date: | 26 avril 2006 |
| Note: | |
Au début un simple sympathisant de l'ETA, le jeune maçon basque José Loygorri est ammené à infiltrer l'organisation terroriste comme agent des services secrets. Sous le nom de code "el lobo", le loup, il commence à s'approcher des meneurs du mouvement en France et en Espagne. Mais la raison d'état à la fin de l'ère Franco, au milieu des années 1970, ne préfère pas envisager une sortie diplomatique de la crise et El Lobo se retrouve désavoué des deux camps.
Critique de Tootpadu
A chaque nation ses démons qui, même s'ils appartiennent au passé, en resurgissent sans préavis. Ce thriller politique prend même le risque de traiter simultanément de deux problèmes propres à l'Espagne des années 1970. Alors que l'organisation du groupe terroriste basque occupe la majeure partie du film, le régime militaire franquiste qui gouvernait le reste du pays avec une main de fer en prend également pour son grade. Apparemment, nos voisins transpyrénéens ont apprécié puisque ce premier film espagnol de Miguel Courtois a été vu par plus d'un million et demi de spectateurs et a remporté deux Goyas mineurs (montage et effets).
La situation est beaucoup moins favorable en France, où la sortie au cinéma quelques mois après le passage du film sur Canal ne laisse augurer rien de trop lucratif. En plus, l'histoire passablement solide sur un jeune homme infiltré dans le milieu clandestin basque est fortement desservi par une mise en scène très quelconque. Dans les bonnes mains, le destin ingrat du "loup" aurait pu donner une oeuvre haletante et explosive, dans la lignée du Spielberg politiquement engagé de Munich. Hélas, il n'en est rien, puisque la photographie déjà laide est encore dévalorisée par un choix de plans fortement arbitraire. D'un rythme désordonné, la réalisation donne sans cesse des preuves d'un manque de maîtrise consternant. Cette incapacité de conférer au film plus qu'une apparence de téléfilm bâclé s'étend jusqu'à la direction d'acteurs, particulièrement insipide.
Vu le 10 avril 2006, au Club de l'Etoile, en VO
Note de Tootpadu: