Inside Man - L'homme de l'intérieur
Réalisé par Spike Lee (2006)
| Durée | 130 minutes |
| Sortie | 12/04/2006 |
| Note | 7/10 |
Un groupe d'individus masqués a braqué une banque de Wall Street et y a pris une trentaine d'employés et de clients en otage. L'inspecteur Frazier, sous les feux des projecteurs après la disparition d'une importante somme d'argent sale, est chargé de négocier avec les criminels. Mais plus le temps passe, plus Frazier doit se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond dans cette prise d'otage. Une intuition personnelle qui se concrétise encore à l'arrivée sur les lieux de Madeline White, une puissante avocate qui a pour but de protéger les intérêts du directeur général de la banque.
La critique
Par Tootpadu 24/03/2006
Inside Man est avant tout un divertissement d'une grande efficacité, un jeu du chat et de la souris dont des légendes du cinéma sont fabriquées. La précision de l'intrigue se base d'abord sur un scénario très solide, qui n'invente pas tellement mais qui assemble très adroitement des éléments déjà vus auparavant. Les différents revirements de l'histoire fonctionnent ainsi moins comme des surprises qu'en tant que conclusion logique d'une construction narrative de haut vol. Dans ce contexte, les séquences d'interrogatoire ne visent point à perturber la tension du siège de la banque, mais, au contraire, à ajouter des pièces supplémentaires au puzzle astucieux qui finira par démasquer, oui ou non, le coupable. Néanmoins, le scénario n'est pas entièrement dépourvu de reproches. Comme dans presque chaque policier, de petites incohérences demeurent et la longue conclusion a plutôt tendance à s'essouffler, là où le rythme de la prise d'otage était d'une minutie impeccable.
La mise en scène de Spike Lee fait une fois de plus preuve, après La 25ème heure, d'une très grande maîtrise de ses moyens et elle ne se permet que deux égarements mineurs (l'avancée rapide de Frazier après un événement dramatique et la mise en perspective de Case à son bureau). Moins stylisé que dans le film précité, le travail de Lee se met complètement au service de son histoire et son ambition d'égarer intelligemment le spectateur. Il est soutenu de façon irréprochable par une distribution royale (Washington, Foster, Owen & Plummer) et une bande originale une fois de plus magistrale de la part de Terrence Blanchard. Le métissage astucieux de la musique, qui commence et clôt le film sur une chanson énergique de Bollywood, se retrouve dans la façon subtile que Lee a trouvée de glisser quelques observations pertinentes sur les rapports raciaux aux Etats-Unis dans un cadre principalement divertissant. Comme quoi, il n'y a point besoin d'un prêche pesant pour faire passer son message sur le racisme au quotidien ou l'endoctrinement des enfants par les jeux vidéos violents.
Pas tout à fait à la hauteur du chef-d'oeuvre qu'est La 25ème heure, Inside Man compte tout de même parmi les meilleurs films de braquage qui soient, immédiatement derrière les aventures de Danny Ocean vues par Steven Soderbergh et Un après-midi de chien !
Vu le 24 mars 2006, à la Salle UIP, en VO