Animal

Réalisé par Roselyne Bosch (2006)

Thriller
Animal
Durée 102 minutes
Sortie 11/01/2006
Note 4/10

Le jeune Dr Thomas Nielsen fait des recherches génétiques sur le comportement agressif chez l'homme. Il espère un jour guérir les individus violents, mais pour l'instant, il doit se contenter d'observer des pitbulls et d'apprivoiser des loups. Son heure semble pourtant venue lorsqu'il obtient l'accès à Vincent Iparrak, un tueur en série qui attend son exécution. Quel meilleur cobaye que cet homme condamné et lucide ?

La critique

Par Tootpadu 13/12/2005

Bienvenue à Gattaca est à ce jour un des films les plus marquants et les plus accomplis formellement sur la dimension génétique de l'homme. Le champ de recherche qui observe de près notre ADN y était plus qu'un gadget, la fonction à laquelle il est lamentablement réduit dans des navets comme A l'aube du sixième jour. Il est d'ailleurs surprenant de constater que cette discipline scientifique porteuse n'a pas encore fait l'objet de plus d'oeuvres cinématographiques pour le moment. Et ce n'est guère cette production européenne qui va accélérer l'intérêt au potentiel fictif de la chose.
Les ambitions du scénario, en gestion depuis plus de dix ans, sont en effet importantes. S'il est possible de contenir la violence, est-il tout aussi faisable de l'implanter dans un être paisible ? Malheureusement, ces interrogations sur le but et les limites de la recherche et de la modification génétiques chez l'homme sont trop rapidement sacrifiées sur l'autel d'une intrigue ennuyeusement conventionnelle. Ainsi, les quelques pistes de réflexion intrigantes du début s'épuisent sur les coups d'un catalogue de références mal géré. Quelle direction suivre dans la jungle des clichés, qui fait fleurir le thème fatigué de Jekyll et Hyde et qui s'encombre de toutes sortes de raccourcis peu crédibles vers la fin ?
Cruellement indécise sur le ton à donner à ce film polymorphe, mais finalement méconnaissable, la mise en scène suit des influences diverses, sans jamais trouver les images et le rythme justes pour les adapter à son histoire. En dehors de l'esthétique directement inspirée du film d'Andrew Niccol précité, qui est délaissé au bout d'un certain temps sans raison, le style du film est particulièrement indécis et au bout du compte assez frustrant. Il en ressort l'impression d'un euro-pudding, une appellation peu flatteuse qui reflète cependant l'absence d'une patte personnelle forte.
La ressemblance troublante de l'acteur principal avec Gael Garcia Bernal n'est qu'en partie attenué par le jeu tout en finesse de Diogo Infante, dans le rôle secondaire mais juteux du tueur en série réformé à coups de piqûres dans les yeux. Hélas, ce n'est pas assez pour sauver un film qui aurait pu être meilleur s'il n'avait pas troqué ses objectifs contre des obligations narratives fort conventionnelles.

Vu le 13 décembre 2005, au Planet Hollywood Champs-Elysées, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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