Caravane vers le soleil

Réalisé par Russell Rouse (1959)

Western
Caravane vers le soleil
Durée 78 minutes
Sortie 01/10/1959
Note 4/10

Après les guerres napoléoniennes, un groupe de Basques part en Amérique pour y trouver une nouvelle patrie et pour planter leurs vignes en Californie. Leur guide s'éprend de Gabrielle, l'épouse de l'homme à la tête du convoi d'une cinquantainte de personnes. Les avances du cowboy sont alors repoussées par cette femme attachée aux coutumes strictes de son pays d'origine.

La critique

Par Tootpadu 27/10/2005

Le choc de deux, voire trois cultures ne permet malheureusement pas à ce western de dépasser son cadre très convenu de l'amourette sur fond de la conquête de l'ouest. Les traditions et particularités basques ne sont jamais employées que comme curiosités pittoresques, comme un décor riche en folklore qui est censé mettre en valeur la partie essentielle de l'intrigue, la relation entre les personnages de Susan Hayward et Jeff Chandler. Les rares observations que se permet néanmoins le scénario médiocre sur les coutumes du peuple des Pyrénées existent essentiellement pour faire avancer l'intrigue, tel le feu qui est déclenché par la chute d'une sorte d'encensoir (que les éventuels Basques qui nous lisent pardonnent notre ignorance pour nommer cet objet). En même temps, tout ce qui touche aux difficultés de l'immigration et à la dualité de deux styles de vies opposés est largement laissé de côté. Visiblement prédestiné à un public américain peu soucieux de l'exactitude des faits racontés, le film s'efforce même à rendre ses personnages plus romantiques et étranges, au détriment d'une vision concernée de son sujet.
La partie de l'histoire sur laquelle la narration s'attarde davantage n'est cependant guère plus réussie. La relation sentimentale sonne ainsi constamment faux et les deux vedettes ne s'impliquent pas non plus pour rendre cet amour à travers les cultures crédible. Conçu un peu comme la raison d'être d'un film particulièrement pauvre en éléments dramatiques, avant l'attaque des Indiens assez réussie grâce aux acrobaties des Basques, ce déchaînement forcé de la passion souligne une fois de plus la lacune principale de l'oeuvre : le manque d'authenticité.

Vu le 27 octobre 2005, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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