Massacre des Sioux (Le)

Réalisé par Sidney Salkow (1966)

Western
Massacre des Sioux (Le)
Durée 93 minutes
Sortie 01/04/1966
Note 3/10

Un des officiers survivants du massacre de Little Big Horn, le major Reno, se trouve devant une commission d'enquête qui doit déterminer sa responsabilité dans ce désastre pour l'armée américaine. Le capitaine Benteen, un subordonné qui était longtemps le rival de Reno, lui porte alors un vibrant témoignage en sa faveur, qui retrace les événements qui ont précédé la défaite du colonel Custer.

La critique

Par Tootpadu 07/10/2005

Le dilemme de ce western insupportable est qu'il tente d'aborder un des mythes de la conquête de l'Ouest d'une façon intelligente et équilibrée, mais qu'il s'y prend si maladroitement que seule une somme indigeste de prétentions ridicules persiste. Les idées de base ne déméritent pas, en théorie, puisqu'elles visent à souligner le mauvais traitement des Indiens, ainsi que le revirement vertigineux du colonel Custer sous l'influence de politiciens véreux, ces mêmes hommes qu'il était parti combattre à Washington auparavant. Encore faut-il se donner les moyens et être un minimum doué dans la direction d'un film pour mener à bien un projet aussi ambitieux.
Hélas, dans les meilleurs, très rares moments, nous avons l'impression d'assister à un téléfilm gonflé en CinemaScope, d'endurer tant bien que mal une bagatelle filmique qui s'est clairement trompé d'échelle. Ce qui n'est rien en comparaison avec le pire : un assemblage chaotique d'une surabondance de plans sommaires filmés par la seconde équipe, entrecoupé par des bavardages sans raison et débités sans talent. Les insuffisances flagrantes du scénario, incapable de rendre les actions cohérentes, sont en fait encore démultipliées par le jeu risible des acteurs. Joseph Cotten qui se promène en somnambule pendant tout le film mis à part, tous les acteurs sont atrocement mauvais, des cabotins de télévision qui tentent en vain de donner plus de profondeur à leurs personnages risibles à travers des gestes superficiels (Philip Carey en Custer légerissime) ou un sérieux affecté (Darren McGavin en héros sans reproche). Le tréfonds de l'interprétation est atteint par les rôles féminins, sans la moindre substance, et les Indiens encore moins crédibles que d'habitude.
Si au moins ce navet absolu se prêtait à une lecture comique au deuxième degré, il garderait le strict minimum de valeur divertissante. Mais malheureusement, il est bien trop mauvais et borné pour faire de son manque de moyens et son absence criante de style une vertu.

Vu le 7 octobre 2005, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

Retour à la liste des Critiques