Une aventure de Buffalo Bill

Réalisé par Cecil B. DeMille (1937)

Western
Une aventure de Buffalo Bill
Durée 113 minutes
Sortie 07/05/1937
Note 5/10

Le jour de sa mort, le président Lincoln s'engage à rendre la frontière vers l'Ouest plus sure, afin de permettre aux milliers d'hommes démobilisés de faire fortune dans le territoire pas encore cultivé. Les fabricants d'armes, sans débouchés après la guerre, ne l'entendent pas de cette oreille-là et vendent leurs fusils les plus modernes aux Indiens. Le célèbre Wild Bill Hickok apprend cette affaire malhonnête et tente de l'arrêter, avec l'aide de son ami de toujours, Buffalo Bill Cody, et l'élue de son coeur, Calamity Jane.

La critique

Par Tootpadu 05/10/2005

Cecil B. DeMille a été pendant une longue période le maître de l'épopée spectaculaire à Hollywood. Depuis les premiers balbutiements du long-métrage muet, jusqu'à son dernier classique, Les Dix Commandements, il se dressait comme le conteur populaire d'une histoire simplifiée dans l'intérêt du divertissement. Admiré par son public, craint par ses pairs, il n'a jamais été le chouchou de la critique, rebutée par son style élementaire.
Ce condensé d'une page de la conquête de l'Ouest ne fait pas exception dans l'oeuvre du producteur/réalisateur économiquement puissant. Les libertés qu'il prend avec l'Histoire, soi-disant pour mieux célébrer le courage de ceux qui ont apprivoisé le côté sauvage des Etats-Unis, ne se justifient cependant pas par une plus grande densité dramatique. Les défauts qui affaiblissent la plupart des films de DeMille font encore surface ici, à savoir un ton très bavard et une structure brute. Il faudra en effet attendre jusqu'à la fin pour la seule véritable scène d'action, grâce à une attaque des Indiens plus tellement spectaculaire de nos jours. D'ici là, les répliques ne manquent guère pour faire avancer un récit inutilement gonflé. A force de vouloir mettre tous les ingrédients dans la même marmite filmique, DeMille perd rapidement de vue le prétexte narratif principal (le trafic d'armes avec les Indiens), pour s'éparpiller dans des séquences qui s'enchaînent aussi doucement que des blocs de granit. Avec son vocabulaire cinématographique très limité et empoté, il échoue ainsi à conférer le moindre rythme, le moindre entrain à une histoire abracadabrante.
En véritables vedettes du grand écran sans faille, Gary Cooper et Jean Arthur inspirent au moins un peu de vivacité dans un film constamment au bord de l'ennui.

Vu le 5 octobre 2005, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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