Grand Canyon
Réalisé par Lawrence Kasdan (1992)
| Durée | 129 minutes |
| Sortie | 26/02/1992 |
| Note | 5/10 |
Le jour où Mack, un avocat californien, se retrouve avec sa voiture en panne dans un des quartiers les plus mal famés de Los Angeles, il est content de l'assistance de Simon qui vient remorquer son véhicule. Persuadé que le mécanicien lui a sauvé la vie, Mack voudrait bien lui rendre service. En même temps sa femme Claire trouve un bébé abandonné dans les buissons près de leur maison. Elle rêve de garder cet orphelin, aussi parce que leur fils Roberto commence à voler de ses propres ailes. Enfin, Davis, un producteur hollywoodien puissant et ami de Mack, se fait tirer dessus et envisage temporairement d'arrêter de financer des films qui glorifient la violence.
La critique
Par Tootpadu 17/03/2006
A condition de considérer ce pamphlet bien pensant concocté avec une main de plomb comme un aperçu valable de la réalité sociale américaine de l'époque, ou au moins comme un témoignage sur l'appropriation de cette même réalité instable par le cinéma, y a-t-il quelque chose qui a changé en quinze ans ? Quelques détails mis à part, comme la différence plutôt substantielle de perspective entre le cadre majoritairement policier du film de Haggis et le point de vue de la classe moyenne ici, ce qui surprend c'est avant tout le monopole des afro-américains en opposition avec une population d'immigrés bien plus diversifiée ultérieurement. Toutefois, le traitement du "melting-pot" américain qui ne cesse pas d'exploser est aussi chargé de clichés faciles d'un côté comme de l'autre. Nous ne voulons nullement mettre en question ici les bonnes intentions de Lawrence Kasdan et de Paul Haggis, qui cherchent avant tout à coller le plus près possible au pouls de leur époque respective, mais les films qu'ils nous présentent manquent en fin de compte d'une hargne et d'une rage extrême et contestataire qui les sortiraient du moule consensuel digne d'un téléfilm.
Ce qui nous ammène à la mise en scène peu inspirée de Kasdan. A en juger par la petite dizaine de films que nous avons vue de lui, il n'est pas vraiment un virtuose du Septième art, mais il sait raconter convenablement une histoire à l'occasion. Sauf que le scénario abusivement chargé ici semble lui avoir inspiré toutes les décisions artistiques pour rendre le récit encore plus opaque. Les ralentis occasionnels et le montage suggestif ne comptent ainsi pas parmi les fautes de goût les plus atroces. Non, le comble est assurément atteint avec la longue séquence onirique du milieu qui avait probablement pour but de condenser les préoccupations du couple central, mais qui est simplement tout ce qu'une telle échappée dans le pays des rêves ne devrait pas être.
Revu le 17 mars 2006, en DVD, en VO