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Deces - Michelangelo Antonioni

  • 31 juillet 2007

    La série des trois est tristement respectée en cette fin de mois de juillet, puisqu'après la disparition du français Michel Serrault et du suédois Ingmar Bergman, c'est au tour du géant du cinéma italien Michelangelo Antonioni de disparaître au cours des mêmes 24 heures. Antonioni s'est éteint hier soir à l'âge de 94 ans à Rome. Le cinéma européen est désormais orphelin de deux de ses génies irremplaçables !

    Antonioni avait commencé à tourner des courts-métrages documentaires au début des années 1940. Il réalise son premier long-métrage de fiction en 1950, Chronique d'un amour. Le succès et la reconnaissance internationale arrivent avec sa trilogie du début des années 1960, L'Avventura, La Nuit et L'Eclipse, qui impose son style contemplatif. Après un autre film en Italie, Le Désert rouge, Antonioni commence un périple à travers les continents qui l'emmène en Angleterre (Blow Up), aux Etats-Unis (Zabriskie Point & Profession : reporter) et en Chine (le documentaire La Chine). Le cinéaste a encore le temps de tourner ensuite deux films dans son pays natal (Le Mystère Oberwald & Identification d'une femme), avant de subir une grave attaque cérébrale en 1985, qui le laisse sans voix et partiellement paralysé. Il lui devient alors difficile de trouver les fonds nécessaires pour tourner, et il ne fait plus qu'un film à épisodes (Par-delà les nuages) en 1995, assisté par Wim Wenders. Enfin, il participe avec Wong Kar-wai et Steven Soderbergh à un autre film à épisodes sur l'érotisme en 2004, Eros.

    Michelangelo Antonioni est un des très rares réalisateurs à avoir reçu la récompense suprême aux trois festivals majeurs d'Europe. Il a ainsi gagné l'Ours d'or à Berlin pour La Notte, le Lion d'or à Venise pour Le Désert rouge et la Palme d'Or à Cannes pour Blow Up. Nommé deux fois à l'Oscar pour Blow Up, Antonioni avait reçu un Oscar d'honneur en 1995 des mains de Jack Nicholson.

    Enfin, sur une note personnelle, je tiens à rendre hommage ici à l'homme qui m'a fait découvrir l'univers si particulier de Michelangelo Antonioni, mon professeur Alain Philippon, qui avait mis fin à ses jours il y a pratiquement neuf ans.