Sorties - Musée Grévin : la statue de cire de Bad Bunny incarne l'esprit de Porto Rico

Par Mulder, 02 juillet 2026

À quelques jours seulement de faire salle comble dans certaines des plus grandes salles de France, Bad Bunny ajoute une nouvelle étape prestigieuse à une carrière déjà marquée par des records battus et des premières culturelles. Mercredi 1er juillet, le Musée Grévin de Paris a officiellement accueilli la superstar portoricaine au sein de sa collection de personnalités en cire lors d’une cérémonie présidée par le directeur général du musée, Yves Delhommeau, aux côtés du sculpteur Claus Velte, l’artiste chargé de donner vie au chanteur en cire. Organisée pour coïncider avec la partie européenne de la tournée mondiale « Debí Tirar Más Fotos » — qui a fait étape à Marseille le 1er juillet avant d’arriver à la Paris La Défense Arena les 4 et 5 juillet —, cette inauguration a souligné l’extraordinaire influence mondiale d’un artiste qui a transformé la musique hispanophone en une force culturelle planétaire.

L’arrivée de Bad Bunny, né Benito Antonio Martínez Ocasio à Bayamón, à Porto Rico, représente bien plus que l’ajout d’une nouvelle star de la musique aux galeries du Grévin. En moins de dix ans, l’artiste a redéfini les possibilités commerciales de la musique latine tout en restant profondément attaché à son identité portoricaine. Après s’être fait connaître en 2016 avec les singles à succès « Diles » et « Soy Peor », il est rapidement devenu l’une des figures de proue du reggaeton et du trap latino grâce à des collaborations avec des artistes tels que J Balvin, Ozuna, Karol G, Farruko et Drake. Des albums tels que « YHLQMDLG », « El Último Tour del Mundo », « Un Verano Sin Ti », « Nadie Sabe Lo Que Va a Pasar Mañana » et, plus récemment, « Debí Tirar Más Fotos » ont sans cesse élargi son public tout en remettant en cause l’idée reçue selon laquelle le succès pop mondial nécessitait d’enregistrer principalement en anglais. *Un Verano Sin Ti* reste l’album le plus écouté de l’histoire de Spotify, tandis que *Debí Tirar Más Fotos* a prolongé son incroyable série de succès tant auprès de la critique que du public.

La création de la figure de cire de Grévin s’est avérée être un défi artistique à la hauteur des ateliers du musée. Contrairement à de nombreuses célébrités internationales qui assistent en personne à de longues séances de prise de mesures, Bad Bunny a été entièrement recréé à partir de références photographiques. Claus Velte et les artistes du Grévin ont méticuleusement reconstitué chaque proportion du visage, la coiffure, le teint et l’expression sans que l’artiste ne soit jamais physiquement présent. Un tel processus exige une compréhension exceptionnelle de l’anatomie et une précision sculpturale, démontrant ainsi l’expertise qui a fait la renommée internationale de cette institution parisienne depuis sa création en 1882 par le journaliste Arthur Meyer.

Plutôt que de se contenter de présenter un portrait debout, le musée a recréé un environnement immédiatement reconnaissable pour les fans de la dernière période artistique de Bad Bunny. Assis sur une chaise monobloc blanche caractéristique inspirée de l’identité visuelle de Debí Tirar Más Fotos, le chanteur porte un élégant chapeau de paille, entouré d’une végétation tropicale luxuriante rappelant son Porto Rico natal. Une deuxième chaise vide a été placée intentionnellement à ses côtés, invitant les visiteurs à s’intégrer à l’installation en s’asseyant aux côtés de la superstar pour une photo souvenir. Cette mise en scène immersive transforme la statue de cire en une expérience interactive plutôt qu’en une simple exposition muséale traditionnelle, reflétant fidèlement l’atmosphère intimiste qui a caractérisé la promotion de son dernier album.

Un détail particulièrement significatif peut facilement échapper aux visiteurs peu familiers avec la culture portoricaine. Cachée dans le décor apparaît la petite rainette coquí, un animal devenu l’un des symboles récurrents les plus marquants de l’univers artistique récent de Bad Bunny. Loin d’être un simple élément décoratif, cet amphibien menacé d’extinction symbolise l’engagement de l’artiste en faveur de la sensibilisation à la biodiversité et à la préservation de l’environnement sur son île natale. En intégrant cette référence subtile, la statue du musée Grévin reconnaît que l’œuvre de Bad Bunny mêle de plus en plus divertissement, identité culturelle et conscience écologique, des thèmes qui résonnent tout au long de *Debí Tirar Más Fotos* et de nombre de ses récentes apparitions publiques.

Ce dévoilement intervient également à l’un des moments les plus marquants de la carrière de Bad Bunny. Au-delà de sa domination sur les plateformes de streaming et des ventes de billets de concert, la star portoricaine s’est imposée comme une figure influente de la mode grâce à des collaborations avec Adidas, Gucci et Calvin Klein, tout en se lançant dans le cinéma et en faisant même des apparitions mémorables à la WWE. Plus tôt cette année, il a encore renforcé sa place dans la culture populaire en tête d’affiche du spectacle de la mi-temps du Super Bowl LX, devenant ainsi le premier artiste à offrir une prestation presque entièrement en espagnol sur l’une des plus grandes scènes télévisées au monde, un autre jalon illustrant à quel point la culture latine occupe désormais une place centrale au sein du divertissement mondial.

Pour les visiteurs qui découvriront la statue au cours des prochaines semaines, le moment ne pourrait être mieux choisi. Des milliers de fans se rendant en France pour les concerts à guichets fermés à Marseille et à Paris ont déjà transformé ces spectacles en véritables célébrations de la culture portoricaine, beaucoup adoptant les codes visuels de la tournée actuelle, des chapeaux de paille aux tenues d’inspiration caribéenne. L’installation au musée Grévin prolonge désormais cette expérience au-delà des salles de concert, offrant l’occasion d’apprécier l’univers artistique de Bad Bunny avant ou après avoir assisté à l’un des concerts les plus attendus de l’année.

Discographie
2018 – X 100pre
2020 – YHLQMDLG
2020 – El Último Tour del Mundo
2022 – Un Verano Sin Ti
2023 – Nadie Sabe Lo Que Va a Pasar Mañana
2025 – Debí Tirar Más Fotos

Photos : © Virginie Ribaut