
Dès la sortie de la première bande-annonce de The Death Of Robin Hood, il est immédiatement apparu que le public n’allait pas assister à une nouvelle adaptation traditionnelle du célèbre hors-la-loi de la forêt de Sherwood. Sous la direction de Michael Sarnoski, le cinéaste acclamé à l’origine de Pig et A Quiet Place: Day One, cette ambitieuse production A24 se débarrasse de plusieurs siècles de romantisme pour révéler le portrait brutal, introspectif et profondément humain d’un homme confronté aux conséquences d’une vie marquée par la violence. Prévu pour sortir aux États-Unis le 19 juin 2026, avant d’arriver dans les salles françaises le 1er juillet 2026, le film met en vedette Hugh Jackman, Jodie Comer, Bill Skarsgård, Murray Bartlett et Noah Jupe, et s’annonce comme l’une des réinterprétations cinématographiques les plus originales jamais tentées du mythe de Robin des Bois. Selon les notes de production officielles, l’histoire suit un Robin des Bois vieillissant, laissé pour mort après une bataille dévastatrice, qui se retrouve sous la garde d’une femme mystérieuse lui offrant une dernière chance de rédemption.
Ce qui rend ce projet particulièrement fascinant, c’est le lien profondément personnel que Michael Sarnoski entretient avec la légende elle-même. Bien avant de devenir l’un des cinéastes émergents les plus intrigants d’Hollywood, il était captivé par une obscure ballade médiévale décrivant la mort de Robin des Bois aux mains d’une prieure. Contrairement aux récits familiers de concours d’archerie audacieux et de nobles vols commis aux dépens des riches, cette histoire peu connue explorait les derniers jours du hors-la-loi dans un isolement tranquille, un concept qui a marqué le cinéaste tout au long de sa vie. Le résultat est un scénario qui remet délibérément en question l’image populaire de Robin des Bois en tant que héros altruiste. Au contraire, Michael Sarnoski présente un homme accablé par la culpabilité, hanté par ses actes, et de plus en plus conscient que la légende héroïque qui l’entoure pourrait bien reposer sur des vérités dérangeantes. Le réalisateur a ouvertement déclaré qu’il souhaitait examiner les histoires que les gens se racontent et se demander si les mythes dont nous héritons reflètent véritablement la réalité.

Dans cette version de l’histoire, Robin des Bois n’est plus le jeune rebelle célébré dans d’innombrables films, séries télévisées et livres. Se déroulant vers l’an 1247, le film le dépeint comme un hors-la-loi vieillissant vivant en marge de la société, portant le poids de décennies de carnage. Son ancienne bande des Joyeux Compagnons a disparu depuis longtemps, et Robin survit en tant qu’homme traqué dont la réputation est devenue à la fois un bouclier et une malédiction. Après avoir accepté une dernière mission violente confiée par son vieil ami Petit Jean, incarné par Bill Skarsgård, Robin est gravement blessé et emmené dans un prieuré isolé où il rencontre Sœur Brigid, interprétée par Jodie Comer. Loin du stéréotype de la méchante que l'on retrouve dans certains récits médiévaux, Brigid est dépeinte comme une guérisseuse, un guide spirituel et une source de compassion qui oblige peu à peu Robin à affronter la réalité de sa vie et le mal qu'il a infligé aux autres.
Le casting lui-même est l’un des principaux atouts du film sur le papier. Hugh Jackman, qui est également l’un des producteurs, se serait lancé dans ce projet après avoir lu le scénario et reconnu la complexité émotionnelle du personnage. Le rôle semble s’inscrire dans la continuité de thèmes explorés dans des films tels que Logan, où Jackman incarnait déjà un autre guerrier vieillissant aux prises avec la mortalité et le regret. Selon les notes de production, l’acteur a subi une transformation physique importante pour incarner un Robin des Bois buriné par les années, ayant passé des années à survivre dans des conditions difficiles. Il est intéressant de noter que Michael Sarnoski a décrit Robin comme à la fois monstrueux et sympathique, un homme dangereux capable d’actes terribles mais possédant encore des traces d’humanité enfouies sous des décennies de violence. Cette dualité est un domaine dans lequel Hugh Jackman a maintes fois excellé tout au long de sa carrière, ce qui fait de lui un choix inspiré pour cette interprétation non conventionnelle.

Tout aussi intrigante est la présence de Jodie Comer, dont l’interprétation de Sœur Brigid semble être au cœur de l’émotion du film. Plutôt que de servir de simple personnage secondaire, Brigid fait office de contrepartie morale de Robin. Inspiré en partie par le personnage historique Hildegarde de Bingen, ce personnage allie sagesse spirituelle, savoir de guérison et traumatisme personnel. La relation entre Robin et Brigid constitue la colonne vertébrale du récit, transformant ce qui semble au départ être une sombre histoire de survie en une réflexion sur le pardon, la responsabilité et la grâce. Les notes de production révèlent que Michael Sarnoski recherchait spécifiquement une actrice capable de transmettre à la fois mystère et chaleur, des qualités qui ont défini bon nombre des performances les plus acclamées de Jodie Comer. Leur dynamique devrait apporter une grande partie de la profondeur émotionnelle du film.
Un autre élément captivant est l’approche du film vis-à-vis de Little John. Interprété par Bill Skarsgård, le personnage est réinventé comme un survivant profondément marqué par le monde violent de Robin. Loin du géant jovial souvent dépeint dans les adaptations familiales, cette version de Little John est décrite comme un homme élevé dans la brutalité, façonné par des années de crime et de guerre. Michael Sarnoski l’aurait imaginé comme une figure alliant innocence enfantine et violence terrifiante, une idée qui a immédiatement séduit Bill Skarsgård, qui a comparé le parcours tonal inhabituel du film à un départ à la Revenant avant d’évoluer vers quelque chose de plus proche de Phantom Thread. Cette comparaison à elle seule suggère un film prêt à mêler brutalité physique et complexité psychologique et émotionnelle.

Visuellement, The Death Of Robin Hood semble déterminé à éviter l’esthétique fantastique lisse associée à de nombreux films précédents sur Robin des Bois. Retrouvant le directeur de la photographie Pat Scola, Michael Sarnoski a choisi de tourner sur pellicule, créant une image qui allie réalisme historique et qualité presque onirique. Les cinéastes ont structuré le langage visuel autour du parcours émotionnel de Robin. Les premières séquences présentent des tons froids et désaturés reflétant la dureté de son existence, tandis que des couleurs plus chaudes apparaissent dès son arrivée au prieuré. Un autre choix créatif consiste à modifier le format d’image au cours du film, passant d’un cadre plus large associé à la personnalité légendaire de Robin à un format plus intime qui met l’accent sur la réflexion personnelle et la vulnérabilité émotionnelle.
L'engagement de la production en faveur de l'authenticité s'est étendu au-delà de la cinématographie. Le tournage principal a eu lieu en Irlande du Nord, une région déjà célèbre parmi les amateurs de fantasy grâce à son association avec Game of Thrones. Le chef décorateur David Lee et la costumière Lorna Marie Mugan ont collaboré étroitement pour recréer une version crédible de la Grande-Bretagne du XIIIe siècle tout en préservant l'atmosphère intemporelle, presque mythique, imaginée par Michael Sarnoski. Les cinéastes ont étudié les influences architecturales de l’époque et conçu des costumes qui reflètent la transformation de Robin tout au long du récit, passant d’une tenue de survie austère aux tons ocres à des environnements empreints de couleurs plus chaudes et de signes de renouveau spirituel.

L'un des choix artistiques les plus marquants réside peut-être dans la bande originale du film. Plutôt que de faire appel à un compositeur hollywoodien traditionnel, la production a fait appel au musicien folk anglais Jim Ghedi, dont le travail s'inspire largement des traditions musicales anciennes tout en intégrant des influences contemporaines. Né près de Loxley, souvent citée comme le lieu de naissance de Robin des Bois, Jim Ghedi apporte une authenticité inhabituelle au projet. Sa musique, combinée aux contributions de Tony Lewis, collaborateur de longue date de Ridley Scott, devrait renforcer le mélange d’atmosphère historique et d’intimité émotionnelle du film.
L’aspect le plus passionnant de The Death Of Robin Hood est peut-être la façon dont il assume le risque avec assurance. Robin des Bois a été adapté d’innombrables fois, des aventures classiques mettant en vedette Errol Flynn au long métrage d’animation de Disney, en passant par l’interprétation à grand succès de Kevin Costner et la version historique plus crue de Ridley Scott. Pourtant, Michael Sarnoski semble moins intéressé par la réinterprétation d’aventures familières que par l’exploration de ce qui se passe après la fin de la légende. Le film pose une question provocante rarement abordée dans les adaptations précédentes : et si Robin des Bois avait passé ses derniers jours non pas à célébrer ses victoires, mais à faire face à la possibilité qu’il n’ait jamais été le héros dont l’histoire se souvient ? Si l’on en croit la bande-annonce, le public devrait se préparer à une étude de personnage envoûtante plutôt qu’à une aventure traditionnelle de cape et d’épée. S'appuyant sur la réputation d'A24 de soutenir une cinéma audacieux et porté par un casting exceptionnel mené par Hugh Jackman et Jodie Comer, The Death Of Robin Hood s'annonce comme l'une des réinterprétations les plus intrigantes et potentiellement inoubliables d'un personnage légendaire de ces dernières années.

Synopsis :
Un Robin des Bois vieillissant est gravement blessé après une bataille. Entre les mains d'une femme mystérieuse, il se voit offrir une chance de salut.
On l’appelait Robin des Bois (The Death Of Robin Hood)
Écrit et réalisé par Michael Sarnoski
Produit par Aaron Ryder, Andrew Swett, Alexander Black, Hugh Jackman
Avec Hugh Jackman, Jodie Comer, Bill Skarsgård, Murray Bartlett, Noah Jupe
Photographie : Pat Scola
Montage : Andrew Mondshein
Musique : Jim Ghedi
Sociétés de production : Lyrical Media, RPC
Distribué par A24
Date de sortie : 19 juin 2026 (États-Unis), 1er juillet 2026 (France)
Photos : Copyright A24