Festivals - Deauville 2026 : Roschdy Zem président du jury d’une 52e édition placée sous le signe de la liberté et de l’amitié franco-américaine

Par Mulder, 11 juin 2026

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a officiellement lancé les premières grandes annonces de sa 52e édition, qui se déroulera du 4 au 13 septembre 2026, en dévoilant à la fois son affiche officielle et le nom de celui qui présidera le jury de la compétition : Roschdy Zem. Une annonce qui s’inscrit parfaitement dans l’histoire du rendez-vous normand, devenu au fil des décennies l’une des plus importantes vitrines du cinéma américain en Europe. Depuis sa création en 1975 par Lionel Chouchan et André Halimi, avec le soutien du groupe Lucien Barrière et de la Ville de Deauville alors dirigée par Michel d'Ornano, le festival a toujours cherché à établir un dialogue permanent entre les cultures française et américaine. Ce lien privilégié est aujourd’hui plus vivant que jamais, alors que l’événement s’apprête à célébrer une nouvelle édition dans un contexte particulièrement symbolique marqué par les 250 ans de l’indépendance des États-Unis et les 140 ans de la Statue de la Liberté.

Le choix de Roschdy Zem comme président du jury apparaît comme une évidence tant son parcours reflète les valeurs de liberté artistique, d’exigence et d’ouverture défendues par le festival. Depuis plus de quarante ans, l’acteur, réalisateur et scénariste s’est imposé comme l’une des figures majeures du cinéma français contemporain. Révélé au début des années 1990, il a construit une carrière remarquable en refusant les trajectoires convenues et en privilégiant des personnages complexes, souvent traversés par des contradictions profondes. Son travail avec des cinéastes aussi importants que Xavier Beauvois, André Téchiné, Pierre Jolivet, Arnaud Desplechin, Laetitia Masson, Louis Garrel, Rachid Bouchareb ou Rebecca Zlotowski a façonné une filmographie riche et singulière. Couronné du César du meilleur acteur pour son interprétation dans Roubaix, une lumière de Arnaud Desplechin, il a également développé une œuvre personnelle derrière la caméra avec Mauvaise Foi, Omar m’a tuer, Bodybuilder, Chocolat, Persona non grata et Les Miens, des films qui témoignent d’un regard profondément humaniste sur la société française, les questions d’identité et les destins souvent invisibles des personnages qu’il choisit de mettre en lumière.

Pour les habitués de Deauville, cette nomination s’inscrit dans une tradition prestigieuse. Depuis la création de la compétition officielle en 1995, le jury a été présidé par des personnalités majeures du cinéma français et international, parmi lesquelles Charlotte Rampling, Sophie Marceau, Jean-Paul Rappeneau, Neil Jordan, Jean-Jacques Annaud, Roman Polanski, Claude Lelouch, Nicole Garcia, Sandrine Bonnaire, Catherine Deneuve, Charlotte Gainsbourg, Arnaud Desplechin, Guillaume Canet, Benoît Magimel ou encore Golshifteh Farahani l’an dernier. L’arrivée de Roschdy Zem prolonge cette lignée de présidents reconnus pour leur regard exigeant sur le cinéma et leur capacité à défendre des œuvres ambitieuses. Au-delà de son prestige personnel, sa présence devrait également renforcer l’attention portée aux récits humains et aux films indépendants, un territoire que le festival a progressivement placé au cœur de son identité depuis les années 1990.

L’autre élément marquant de cette première communication concerne l’affiche officielle de l’édition 2026. Le festival a choisi un spectaculaire gros plan de la Statue de la Liberté, monument emblématique offert par la France aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Plus qu’un simple symbole touristique, cette figure imaginée par Frédéric Auguste Bartholdi et réalisée avec la participation des ateliers de Gustave Eiffel représente l’un des plus puissants emblèmes des relations franco-américaines. Le choix du très gros plan, inspiré du langage cinématographique, n’a rien d’anodin. Il évoque cette capacité du cinéma à capturer une émotion, à interroger le spectateur et à donner un visage aux idées abstraites. À travers cette image, Deauville réaffirme son attachement aux notions de liberté, d’hospitalité, de générosité et d’espoir, des valeurs qui résonnent particulièrement dans une période internationale souvent marquée par les tensions et les incertitudes.

Cette affiche prend également une dimension historique particulière puisque 2026 marque le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance américaine. En associant cet anniversaire à celui de la Statue de la Liberté, le festival rappelle le rôle culturel unique qu’il joue depuis plus d’un demi-siècle. Deauville n’a jamais été un simple festival de cinéma. Il constitue depuis longtemps un pont entre deux imaginaires, entre Hollywood et le cinéma indépendant, entre les grandes productions américaines et les œuvres plus intimistes qui trouvent sur la côte normande une visibilité exceptionnelle auprès du public européen. Cette vocation s’est renforcée au fil du temps, notamment à partir de 1995 lorsque la compétition officielle a commencé à mettre en avant les talents émergents du cinéma indépendant américain, tout en continuant à accueillir les plus grandes figures de l’industrie.

L’histoire du festival témoigne d’ailleurs de cette double identité. Sur ses célèbres planches ont défilé des légendes telles que Robert De Niro, Clint Eastwood, George Clooney, Harrison Ford, Tom Cruise, Sharon Stone, Al Pacino, Michael Douglas, Julia Roberts, John Travolta ou Nicole Kidman. Les prestigieux Hommages de Deauville ont également permis d’accueillir des figures mythiques comme Elizabeth Taylor, Bette Davis, Kirk Douglas, Gregory Peck, Francis Ford Coppola, Steven Spielberg, George Lucas, John Williams, Jessica Chastain, Keanu Reeves, Johnny Depp, Jude Law, James Gray ou encore Frederick Wiseman. Pour de nombreux cinéphiles français, Deauville a souvent constitué la première occasion de voir de près ces artistes qui ont façonné l’histoire du cinéma américain.

L’édition 2026 sera également l’une des premières à pleinement refléter la nouvelle orientation impulsée par la directrice Aude Hesbert, arrivée à la tête du festival après le départ de Bruno Barde. Depuis sa nomination, elle a affirmé sa volonté de poursuivre l’ouverture du festival tout en renforçant les engagements éthiques et sociétaux de l’événement. Cette nouvelle étape de l’histoire de Deauville se construit ainsi autour d’un équilibre entre tradition et modernité, entre respect de l’héritage du festival et adaptation aux attentes contemporaines du monde culturel.

Avec la nomination de Roschdy Zem, une affiche particulièrement inspirée et une symbolique forte autour de la liberté et de l’amitié franco-américaine, le Festival du Cinéma Américain de Deauville semble déjà avoir trouvé le ton de cette 52e édition. Pour les passionnés de cinéma, les professionnels de l’industrie et les festivaliers fidèles qui reviennent chaque année sur les plages normandes, tous les ingrédients semblent réunis pour faire de septembre 2026 un nouveau chapitre marquant de l’une des plus belles histoires d’amour entre la France et le cinéma américain.

(Source : communiqué de presse)