Convention - SDCC 2026 : NECA propose la figurine La Momie de Ben Cooper en version phosphorescente

Par Mulder, 03 avril 2026

L'annonce de la collection exclusive SDCC 2026 « Ben Cooper Costume Kids Collection - Mummy 6” Glow-in-the-Dark » par la National Entertainment Collectibles Association touche instantanément une corde sensible de la nostalgie de la culture pop, qui va bien au-delà de la simple collection de jouets et plonge au plus profond de la mémoire collective d'Halloween, en particulier aux États-Unis où des générations d'enfants ont autrefois arpenté les rues de banlieue vêtus de costumes en vinyle fin et de masques en plastique légèrement étouffants. Ce qui rend cette sortie particulièrement fascinante, c'est qu'elle ne se contente pas de reproduire un personnage, mais recrée plutôt une expérience : cette esthétique à la fois légèrement inquiétante et charmante de l'Halloween du milieu du XXe siècle, où l'imagination comblait les lacunes laissées par des costumes rudimentaires.

À première vue, la figurine elle-même est d'une simplicité trompeuse : une momie articulée de 15 cm, dotée de vêtements en tissu et d'un masque stylisé directement inspiré des designs originaux de Ben Cooper, Inc. Mais cette simplicité est justement le but recherché, car NECA ne cherche pas à moderniser ou à surcharger de détails le concept ; au contraire, elle capture fidèlement l’essence de ces costumes originaux des années 1950 aux années 1980, où la précision passait après l’immédiateté et l’accessibilité financière. L'ajout d'éléments phosphorescents (masque, costume, casque en forme de citrouille et même l'emballage) apporte une touche ludique mais authentique, faisant écho à la fascination de l'époque pour les gadgets phosphorescents qui rendaient les nuits d'Halloween un peu plus magiques.

Pour comprendre pourquoi cette figurine trouve un tel écho, il faut se pencher sur l’héritage de Ben Cooper, Inc., une entreprise fondée en 1937 qui est devenue, grâce au boom de l’après-guerre, l’un des acteurs dominants de la fabrication de produits pour Halloween. À son apogée, entre les années 1950 et le milieu des années 1980, elle figurait aux côtés de concurrents tels que Collegeville et Halco parmi les trois grands fabricants de costumes, mais son empreinte culturelle s’étendait sans doute bien au-delà. Ses costumes bon marché (souvent vendus à un peu plus d’un dollar dans des magasins comme Sears ou Woolworth’s) ont rendu Halloween accessible à des millions de familles, ancrant son esthétique dans l’ADN même de la fête. Ces blouses fines et ces masques à sangles élastiques peuvent sembler rudimentaires aujourd’hui, mais ils ont joué un rôle déterminant dans la formation de la tradition moderne d’Halloween.

Il existe également une fascinante lignée théâtrale derrière la marque, souvent négligée dans les discussions sur l’histoire d’Halloween. Le fondateur Ben Cooper lui-même a fait ses débuts dans le monde de la production scénique, en concevant des costumes et des décors pour des salles comme le Cotton Club et les Ziegfeld Follies, avant de se réorienter pendant la Grande Dépression alors que le théâtre en direct déclinait. Ce changement de cap s'est avéré visionnaire, car Halloween a connu un essor fulgurant à travers l'Amérique, permettant à Cooper de transformer ce qui était autrefois une fête de niche en un phénomène de masse porté par des personnages sous licence et des cycles de production rapides. À bien des égards, l'ADN du merchandising moderne, des produits dérivés de blockbusters aux objets de collection à rotation rapide, remonte à ces innovations précoces.

La réinterprétation de NECA rend également subtilement hommage à l’un des aspects les plus singuliers de ces costumes originaux : le fait que les enfants portaient souvent les masques remontés sur la tête parce qu’ils étaient inconfortables. Ce détail, documenté dans des récits rétrospectifs et même mis en évidence dans des analyses ultérieures des choix de conception de la marque, explique pourquoi de nombreux costumes arboraient des images de personnages imprimées directement sur la poitrine  garantissant ainsi leur reconnaissance même lorsque le masque n’était pas en place. En préservant cette philosophie de conception légèrement maladroite, presque naïve, cette figurine de la Momie devient plus qu’un simple objet de collection : elle devient un témoignage de la façon dont les enfants vivaient réellement Halloween. Du point de vue d’un collectionneur, l’emballage à lui seul est susceptible d’être un attrait majeur. La boîte-vitrine de style rétro, elle-même phosphorescente et numérotée, reflète la présentation commerciale originale qui obsède aujourd’hui les collectionneurs, en particulier lorsqu’il s’agit de costumes en boîte en parfait état. En effet, les coffrets Ben Cooper originaux  en particulier ceux mettant en scène des personnages sous licence comme Spider-Man ou Batman sont devenus des objets très recherchés sur les marchés de jouets vintage. NECA l’a bien compris, en considérant l’emballage comme une partie essentielle de l’objet de collection plutôt que comme un élément jetable et secondaire.

Il y a également une ironie historique intéressante dans le timing de ces lancements axés sur la nostalgie. L’empire Ben Cooper original a dû faire face à des défis de taille dans les années 1980, notamment une baisse des ventes liée à des inquiétudes culturelles plus générales notamment la panique du Tylenol en 1982, qui a temporairement freiné la participation à Halloween à l’échelle nationale. Malgré des tentatives pour raviver l’intérêt par le biais de campagnes de sécurité et de collaborations avec l’industrie, la société a finalement déposé le bilan en 1988, puis à nouveau en 1991, avant d’être rachetée par Rubie’s Costume Co. en 1992. Et pourtant, des décennies plus tard, son identité visuelle reste si puissante qu’elle continue d’inspirer des objets de collection modernes, des documentaires et des livres consacrés à son héritage.

NECA, pour sa part, s’est forgé une réputation précisément grâce à cette exploitation approfondie de la nostalgie, ciblant souvent les collectionneurs adultes qui ont grandi avec ces artefacts culturels. Depuis sa création en 1996, l’entreprise a développé un vaste catalogue de produits sous licence couvrant le cinéma, la télévision, les jeux vidéo et la bande dessinée, en se concentrant fréquemment sur des propriétés ou des esthétiques que les grands fabricants de jouets pourraient négliger. La gamme Ben Cooper s'inscrit parfaitement dans cette stratégie, comblant le fossé entre la collection de jouets et la préservation culturelle d'une manière à la fois authentique et commercialement avisée.

La figurine Ben Cooper Mummy Glow-in-the-Dark représente un fragment de l'histoire de la culture pop, petit mais remarquablement dense, condensant près d'un demi-siècle d'évolution d'Halloween en un seul objet. C'est le genre de produit qui peut sembler niche à première vue, mais qui révèle rapidement de multiples niveaux de sens à mesure que l'on explore ses origines depuis ses racines théâtrales et ses innovations grand public jusqu'aux souvenirs d'enfance et à l'obsession des collectionneurs. Et c'est peut-être là que réside la véritable magie : non pas simplement recréer un jouet, mais faire renaître un sentiment, un sentiment qui brille faiblement sous les lumières tamisées du porche lors d'une nuit d'Halloween et qui ne s'estompe jamais tout à fait.