Festivals - Séries Mania 2026 : Disney+ crée l’événement avec trois avant-premières mondiales

Par Mulder, 13 février 2026

À Lille, l’édition 2026 de Séries Mania s’annonce déjà comme un millésime stratégique pour Disney+, qui transforme sa présence historique au festival en véritable démonstration de force éditoriale. Fidèle au rendez-vous depuis le lancement de la plateforme en France en 2020, le service de streaming franchit cette année un cap symbolique en alignant trois avant-premières mondiales couvrant trois axes majeurs de sa ligne éditoriale : la continuité d’une franchise internationale culte, l’affirmation d’une production originale française d’envergure, et l’ouverture vers une création latino-américaine ambitieuse. Ce triptyque n’a rien d’anodin : il incarne la volonté de conjuguer IP mondiales, ancrage local et diversification géographique, tout en profitant d’un festival devenu, au fil des années, l’un des thermomètres les plus fiables des tendances sérielles en Europe. Dans les couloirs du Lille Grand Palais comme au Nouveau Siècle, les professionnels évoquent déjà une édition où la plateforme ne se contentera pas d’accompagner la fête, mais bien d’en rythmer les temps forts.

L’ouverture officielle du festival, le 20 mars, prendra des accents particulièrement attendus avec la présentation en avant-première mondiale de The Testaments, nouvelle série Hulu Original dérivée de l’univers de The Handmaid’s Tale. Adaptée du roman éponyme de Margaret Atwood, la série prolonge la mythologie dystopique de Gilead en adoptant une perspective générationnelle plus jeune et plus initiatique. La venue annoncée de Ann Dowd, Chase Infiniti, Lucy Halliday, ainsi que des producteurs exécutifs Bruce Miller et Warren Littlefield, promet un tapis violet à forte charge symbolique pour les fans de la saga, mais aussi pour l’industrie qui observe avec attention la capacité des franchises à se réinventer sans diluer leur ADN. Créée pour la télévision par Bruce Miller et réalisée pour ses premiers épisodes par Mike Barker, la série réunit également Elisabeth Moss parmi les producteurs exécutifs, signe d’une continuité créative assumée. Au-delà de l’événementiel, cette projection incarne un enjeu narratif plus large : comment faire évoluer une œuvre dystopique emblématique vers une nouvelle génération de personnages et de spectateurs, à une époque où la fiction politique résonne différemment selon les contextes internationaux. La diffusion programmée dès le 8 avril sur Disney+ renforce encore la dimension de vitrine mondiale qu’offre Séries Mania.

Deux jours plus tard, le 22 mars, place à l’affirmation du savoir-faire hexagonal avec l’avant-première mondiale de Lucky Luke, nouvelle production originale française portée par Alban Lenoir dans le rôle du cow-boy solitaire. L’annonce a immédiatement suscité curiosité et débats : adapter une icône aussi ancrée dans l’imaginaire franco-belge implique un équilibre délicat entre respect patrimonial et modernisation esthétique. Sous la direction de Benjamin Rocher, avec une création signée Mathieu Leblanc et Thomas Mansuy, la série revendique une approche à la fois dynamique et contemporaine, tout en conservant les archétypes qui ont forgé la légende du personnage. Autour de Alban Lenoir, on retrouve Billie Blain, Alice Taglioni, Jérôme Niel, Camille Chamoux et Victor Le Blond, casting éclectique qui reflète une volonté de croiser registres comiques, action et aventure. Le fait que Alban Lenoir soit également coproducteur via Homerun éclaire une évolution intéressante du paysage audiovisuel français : de plus en plus d’acteurs s’impliquent dans la fabrication créative et industrielle des œuvres, brouillant la frontière entre interprétation et production. La mise en ligne dès le 23 mars sur Disney+ confirme la confiance de la plateforme dans ce projet à fort potentiel populaire.

Le 24 mars, la dimension internationale se poursuit avec la présentation en compétition de Dear Killer Nannies, série dramatique produite par Telemundo Studios et pilotée par le showrunner Sebastián Ortega, inspirée de l’enfance de Juan Pablo Escobar. L’angle choisi raconter l’histoire du point de vue du fils de Pablo Escobar Gaviria marque une rupture avec les récits traditionnels centrés sur la figure du narcotrafiquant. Ici, la série explore la construction psychologique d’un enfant évoluant dans un environnement dominé par la violence, la paranoïa et les paradoxes affectifs. La présence de John Leguizamo dans le rôle de Pablo Escobar Gaviria attire déjà l’attention, tandis que Janer Villareal, Miguel Tamayo et Miguel Ángel García incarnent différentes étapes de la vie de Juan Pablo Escobar. Ce type de narration introspective illustre une tendance croissante : revisiter des figures historiques controversées à travers des perspectives intimes plutôt que spectaculaires. La diffusion future sur Disney+ en Amérique latine, au Royaume-Uni et en Europe, ainsi que sur Hulu aux États-Unis, témoigne d’une stratégie de circulation transcontinentale des contenus.

Au-delà de ces trois avant-premières, Disney+ s’inscrit également dans plusieurs temps forts du festival, confirmant une stratégie d’occupation du terrain culturel et professionnel. La Nuit « Même pas peur » au Tripostal accueillera la projection d’un épisode de American Horror Story, série devenue emblématique du genre horrifique télévisuel, tandis que la compétition du Prix Vidocq verra concourir Les Disparues de la Gare, série inspirée de faits réels réalisée par Virginie Sauveur et créée par Gaëlle Bellan. Enfin, le 25 mars, la keynote d’Angela Jain, Head of Content Disney+ EMEA, au Séries Mania Forum, s’annonce comme un moment clé pour décrypter les orientations futures de la plateforme en matière de créations européennes, moyen-orientales et africaines. Dans un marché où la concurrence entre plateformes se joue autant sur la puissance des franchises que sur la singularité des productions locales, cette édition 2026 de Séries Mania agit comme un révélateur limpide : Disney+ ne cherche plus seulement à être présent, mais à structurer son image autour d’une identité éditoriale globale, hybride et résolument internationale.

(Source : communiqué de presse)