Sorties-Cinema - Anemone – Les racines du mensonge : une affaire de famille marque le retour tant attendu de Daniel Day-Lewis

Par Mulder, 02 décembre 2025

Présenté en ouverture du Festival du film de New York le 28 septembre 2025, avant une sortie limitée aux États-Unis le 3 octobre sous la bannière Focus Features, suivie d'une sortie nationale le 10 octobre et d'une sortie au Royaume-Uni orchestrée par Universal Pictures le 7 novembre, le film Anemone – Les racines du mensonge se distingue comme une curiosité rare : non seulement parce qu'il marque le retour à l'écran de Daniel Day-Lewis après huit ans d'absence depuis Phantom Thread (2017), mais aussi parce qu'il révèle un nouveau nom derrière la caméra, Ronan Day-Lewis, dont le premier long métrage, coécrit avec son père dans un cadre familial, a immédiatement captivé la presse internationale et les festivaliers.

Dès l'annonce officielle du retour de Daniel Day-Lewis en septembre 2024, l'événement a pris une dimension presque surréaliste, car l'acteur, connu pour ses retraites définitives, semblait avoir tourné la page du cinéma. Cependant, ce retour n'est pas simplement un caprice nostalgique, car il s'inscrit dans un projet profondément personnel de son fils Ronan Day-Lewis, qui fait ici ses débuts en tant que réalisateur après avoir coécrit le scénario avec lui, une collaboration intergénérationnelle qui alimente inévitablement l'interprétation critique du film : Anemone – Les racines du mensonge raconte l'histoire de Ray Stoker, un reclus qui vit depuis dix ans dans une forêt isolée en Angleterre, coupé de sa famille et de ses propres traumatismes, jusqu'à ce que son frère revienne pour tenter une réconciliation impossible, faisant resurgir des blessures enfouies et des secrets longtemps cachés. Ce conte psychologique s'articule autour des thèmes de la mémoire, de la culpabilité et de la reconstruction, qui ont souvent été associés, dans les discussions des festivals, au parcours personnel de Daniel Day-Lewis, sans que le film ne bascule jamais explicitement dans l'autobiographie.

Le tournage, qui a débuté le 1er octobre 2024 à Manchester, s'est déroulé dans une atmosphère décrite par plusieurs techniciens comme méticuleuse mais étonnamment calme, loin de la légende d'une intensité quasi mystique associée à Daniel Day-Lewis. Une anecdote de production en particulier a été largement diffusée : en octobre, pendant le tournage à Handbridge, dans la ville de Chester, des agents municipaux ont verbalisé plusieurs véhicules anciens utilisés comme accessoires, garés sur des doubles lignes jaunes ; Le conseil municipal, par l'intermédiaire d'un porte-parole, a confirmé que seuls des permis pour les véhicules techniques avaient été accordés et qu'une demande de fermeture complète de la route avait été rejetée car trop perturbante pour les résidents locaux. Il s'agit d'un incident mineur, mais qui révèle les contraintes très réelles qui entourent même les productions prestigieuses sur le sol britannique.

À l'écran, Daniel Day-Lewis incarne Ray Stoker avec une retenue qui contraste avec certaines de ses performances passées plus démonstratives, privilégiant les silences, les micro-expressions et une fragilité presque désarmante. À ses côtés, Sean Bean incarne un frère plein de tension contenue, tandis que Samantha Morton, dont la présence magnétique était très attendue depuis son casting aux côtés de Samuel Bottomley et Safia Oakley-Green, apporte une profondeur émotionnelle qui ancre le film dans une vérité douloureuse et organique. Si les critiques étaient divisées sur le scénario, souvent jugé elliptique ou trop abstrait dans sa construction psychologique, il y avait néanmoins un consensus sur la qualité des performances et de la cinématographie de Ben Fordesman, dont le travail sur la lumière naturelle et les textures de la forêt donne au film une identité visuelle immersive, presque hypnotique.

La bande originale, composée par Bobby Krlic, accompagne cette atmosphère avec un minimalisme spectral et anxiogène, en parfaite adéquation avec le ton introspectif du récit. Le film est produit par Dede Gardner et Jeremy Kleiner pour Plan B Entertainment, avec des contributions artistiques notables telles que les costumes de Jane Petrie et les décors de Chris Oddy, qui contribuent à cette impression d'intemporalité troublante, quelque part entre le réalisme britannique et la stylisation psychologique.

Également projeté dans la section Icon du Festival international du film de Stockholm le 10 novembre 2025, Anemone – Les racines du mensonge appartient à cette catégorie de films qui divisent mais intriguent longtemps : œuvre de transition pour un acteur légendaire revenu là où on l'attendait le moins, acte fondateur pour un nouveau cinéaste, proposition esthétique dont la puissance formelle semble avoir fait plus forte impression que son récit, nous rappelant qu'au-delà des verdicts critiques immédiats, certains films existent avant tout comme des expériences sensorielles et émotionnelles.

Synopsis :
Cela fait 10 ans que Ray Stroker s'est exilé dans une forêt reculée d'Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Mais lorsque celle-ci décide de renouer avec lui, les traumatismes de chacun refont surface. Après une décennie de silence, le moment est venu pour Ray d'affronter ses secrets.

Anémone
Réalisé par Ronan Day-Lewis
Écrit par Ronan Day-Lewis, Daniel Day-Lewis
Produit par Dede Gardner, Jeremy Kleiner
Avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton
Directeur de la photographie : Ben Fordesman
Montage : Nathan Nugent
Musique : Bobby Krlic
Société de production : Plan B Entertainment
Distribution : Focus Features (États-Unis), Universal Pictures (international), Condor Distribution (France)
Dates de sortie : 28 septembre 2025 (NYFF), 3 octobre 2025 (États-Unis), 25 mars 2026 (France)
Durée : 126 minutes

Photos : Copyright 2026 Condor Distribution