
Pour la première fois de son histoire, CinemaCon ouvre sa programmation du lundi après-midi avec un événement inédit baptisé CinemaCon® Film Showcas”, qui se tiendra le 13 avril 2026 au Colosseum au Caesars Palace à Las Vegas, marquant un signal fort envoyé à toute la communauté mondiale de l’exploitation cinématographique. L’annonce, faite par Cinema United, redessine subtilement l’équilibre traditionnel de la convention en donnant un coup de projecteur spécifique à trois partenaires de distribution aux profils complémentaires : Angel, Row K Entertainment et STUDIOCANAL, appelés à présenter leurs futurs line-ups théâtraux devant un parterre attendu de plus de six mille professionnels issus de l’exhibition, de la distribution et des industries techniques. Ce déplacement stratégique au Colosseum, salle iconique davantage associée aux keynotes majeures et aux shows premium, traduit une volonté claire : célébrer la diversité des récits et rappeler, dans un contexte de marché en recomposition, que la vitalité des salles dépend d’un flux constant d’œuvres variées, ambitieuses et pensées pour le grand écran, cinquante-deux semaines par an, dans les métropoles comme dans les villes moyennes.

Dans les déclarations officielles, Michael O’Leary, Président et CEO de Cinema United, insiste sur cette nécessité d’un pipeline pluriel en soulignant que les cinémas du monde entier prospèrent grâce à une large palette de films provenant de partenaires multiples, tandis que Anna Marsh, CEO de STUDIOCANAL et Chief Content Officer de CANAL+, évoque un moment très spécial pour le studio européen, réaffirmant un engagement sans ambiguïté envers les œuvres conçues pour la salle et saluant la plateforme offerte par l’organisation. Même tonalité du côté d’Angel, où Brandon Purdie, Executive Vice President et Head of Theatrical, rappelle que les salles prospèrent lorsque le public a le choix, revendiquant une stratégie fondée sur une ardoise audacieuse et éclectique, alimentée par une base revendiquée de deux millions de membres payants de l’Angel Guild et par un modèle centré sur des histoires values-driven ayant déjà généré plusieurs succès commerciaux notables. Enfin, Christopher Woodrow et Raj Singh, Co-Chairmen de Row K Entertainment, replacent la discussion sur le terrain de l’expérience collective, qualifiée de “battement de cœur” de l’industrie, en défendant une ligne éditoriale tournée vers des films à large diffusion, portés par des stars et des cinéastes de prestige, à l’image d’un catalogue 2026 mêlant acquisitions festivalières et productions à fort potentiel international.

Au-delà du symbole, la composition des trois présentations esquisse une photographie intéressante des dynamiques actuelles. Le studio de distribution Angel poursuit son implantation comme acteur disruptif en misant sur des films choisis et soutenus par sa communauté, un positionnement qui a déjà trouvé un écho tangible au box-office avec des titres tels que Sound of Freedom, phénomène indépendant largement documenté pour sa performance inattendue en salles, et qui nourrit désormais une relation étroite avec les exploitants cherchant à diversifier leur offre événementielle. Row K Entertainment, filiale de Media Capital Technologies et conseillée par CAA Media Finance, capitalise sur un lancement en 2025 et avance en 2026 avec des propositions très identifiables, dont Dead Man’s Wire de Gus Van Sant porté par Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Cary Elwes, Myha’la, Colman Domingo et Al Pacino, mais aussi Poetic License, premier long métrage réalisé par Maude Apatow avec Leslie Mann, Cooper Hoffman, Andrew Barth Feldman, Nico Parker et Cliff Method Man Smith, sans oublier Cliffhanger de Jaume Collet-Serra réunissant Pierce Brosnan et Lily James, et Charlie Harper signé Tom Dean et Mac Eldridge avec Nick Robinson et Emilia Jones. STUDIOCANAL, de son côté, rappelle son statut de leader européen avec une capacité revendiquée de financement, production et distribution d’environ 200 films par an, un catalogue dépassant 9 400 titres issus de 60 pays et un investissement proche de 25 millions d’euros consacré à la restauration 4K de près de 1 000 classiques sur sept ans, tout en maintenant une production sérielle soutenue et un réseau international de sociétés partenaires couvrant l’Europe, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et la Chine.
Cette initiative devrait modifier la respiration habituelle de CinemaCon, traditionnellement dominée par les grandes présentations studios en milieu de semaine, en offrant un espace dédié à des distributeurs dont la croissance et la différenciation éditoriale reflètent l’évolution du paysage théâtral. Plusieurs exploitants interrogés lors des précédentes éditions soulignaient déjà l’importance de ces vitrines alternatives pour identifier des contenus capables d’animer la programmation hors blockbusters, nourrir les avant-premières locales et renforcer la fidélisation des publics, une attente à laquelle le Film Showcase semble répondre frontalement. À Las Vegas, où se croisent chaque année décideurs, programmateurs et partenaires technologiques, le message est limpide : la salle reste le point de convergence stratégique, et la diversité des voix qu’elle émane d’un studio européen historique, d’un distributeur communautaire ou d’une structure américaine récente constitue plus que jamais un levier de résilience et d’attractivité pour l’expérience cinématographique mondiale.

Photos : Boris Colletier / Mulderville
(Source : communiqué de presse)