sortie-cinema - La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, le second chapitre d’une fresque historique qui élargit le regard

Par Mulder, 15 décembre 2025

La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, deuxième volet du diptyque ambitieux orchestré par Antonin Baudry, s’annonce comme l’aboutissement logique et émotionnel d’un projet hors normes consacré à la naissance politique de Charles de Gaulle, là où L’âge de fer posait les fondations d’un homme seul face à l’effondrement, ce second chapitre entend inscrire cette trajectoire individuelle dans une dimension collective, presque chorale, où la Résistance cesse d’être une idée pour devenir un mouvement, une parole, un engagement qui se diffuse et s’écrit au pluriel. Pensé comme une continuité directe du premier film, J’écris ton nom reprend le fil de juin 1940, dans une France vaincue et humiliée par l’armistice, mais déplace progressivement son centre de gravité : il ne s’agit plus seulement de l’exil londonien et du pari insensé d’un général inconnu, mais de la manière dont cette parole solitaire trouve des échos, des relais et des incarnations multiples en Angleterre, en France occupée et en Afrique, jusqu’à faire vaciller une Histoire que l’on croyait figée. Cette approche, fidèle à l’ouvrage De Gaulle: A Certain Idea of France de l’historien Julian T. Jackson, dont le film s’inspire directement, permet à Antonin Baudry et Bérénice Vila, co-scénaristes du projet, d’élargir le récit sans jamais le diluer, en conservant cette tension permanente entre la vision politique d’un homme et la réalité souvent brutale des faits, des doutes et des contradictions.

Ce qui frappe d’emblée dans La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom, à la lecture du synopsis comme à travers les premières images révélées dans la bande-annonce mise en ligne le 15 décembre 2025, c’est cette volonté de refuser toute glorification prématurée. Charles de Gaulle, incarné par Simon Abkarian, n’est jamais présenté comme un héros évident, mais comme un homme en lutte permanente contre l’incrédulité, l’isolement et parfois même l’échec, convaincu que la bataille de France n’est ni terminée ni perdue alors que tout, autour de lui, semble lui donner tort. Cette tension dramatique irrigue le film et trouve un écho puissant dans la galerie de personnages qui gravitent autour de lui, interprétés par Niels Schneider, Thierry Lhermitte, Karim Leklou, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei, Simon Russell Beale, Mathieu Kassovitz, Campbell Scott, Tom Mison, Grégoire Colin, Pip Torrens, Noémie Schmidt et bien d’autres, dans une distribution volontairement dense qui reflète la complexité humaine et politique de cette période. Le film donne ainsi une place centrale aux résistants de l’ombre, aux soldats déterminés, mais aussi aux figures plus jeunes, lycéens révoltés ou anonymes emportés par une rage de liberté qui dépasse largement la figure tutélaire du Général, et c’est sans doute là que ce second volet trouve sa singularité : il ne raconte pas seulement un destin, mais la naissance d’un mot, d’un serment et d’un engagement collectif.

Sur le plan artistique et technique, J’écris ton nom s’inscrit dans la continuité visuelle et sonore de L’âge de fer, avec la photographie de Pierre Cottereau et Giora Bejach, qui privilégie des cadres sobres et une lumière souvent âpre, presque minérale, pour mieux restituer la dureté des choix et l’incertitude permanente, tandis que le montage de Katie Mcquerrey maintient un rythme tendu, évitant toute tentation de fresque académique. La musique de Volker Bertelmann, déjà essentielle dans le premier film, accompagne ici l’élargissement du récit avec une écriture sonore plus ample mais toujours contenue, refusant l’emphase pour mieux souligner l’intime et le fragile. Produit par TF1 Films Production, Logical Content Ventures, Belvédère, Ness Films, Beside Productions, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Aonia Ventures, Laurent Dassault Rond-Point, Ouroboros Entertainment et Stags Participations II, et distribué en France par Pathé Films, le film bénéficie d’un soutien industriel conséquent, à la hauteur de son ambition narrative et historique, confirmant la volonté de faire de ce diptyque un véritable événement cinématographique et non une simple relecture patrimoniale.

Initialement annoncées pour une sortie rapprochée, les deux parties de La Bataille de Gaulle ont vu leur calendrier officialisé à l’été 2026, avec L’âge de fer attendu le 10 juin 2026 et J’écris ton nom programmé pour le 3 juillet 2026 en France, un choix assumé par Ardavan Safaee, président de Pathé Films, afin de permettre au public de vivre ces deux chapitres comme un seul et même récit, presque en apnée. À titre personnel, et avec le recul que permet l’observation attentive de la production française ces dernières années, il est rare de voir un projet historique d’une telle ampleur refuser à ce point la facilité du discours héroïque pour lui préférer la complexité, l’incertitude et parfois même l’inconfort. La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom ne cherche pas à graver une statue supplémentaire, mais à montrer comment une idée, fragile et contestée, finit par s’imprimer dans les consciences, s’écrire sur les murs et dans les esprits, jusqu’à devenir un mot partagé. Et c’est précisément dans cette tension entre l’intime et le collectif que ce second volet pourrait bien trouver sa force la plus durable, en rappelant que l’Histoire ne se fait jamais seule, mais toujours à plusieurs voix.

Synopsis : 
Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l'Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.

La Bataille de Gaulle 
Directed by Antonin Baudry
Written by Bérénice Vila, Antonin Baudry
Based on the book De Gaulle: A Certain Idea of France by Julian Jackson
Produced by Jérôme Seydoux, Ardavan Safaee, Axelle Boucaï
Starring Simon Abkarian, Niels Schneider, Thierry Lhermitte, Karim Leklou, Florian Lesieur, Simon Russell Beale, Benoît Magimel, Kacey Mottet-Klein, Félix Kysyl, François Göske, Anamaria Vartolomei, Adèle Jayle, Loïc Corbery, Mathieu Kassovitz, Tom Mison, Campbell Scott, Grégoire Colin, Anthony Calf, Pip Torrens, Daniel Betts, Stephen, Campbell Moore, Noémie Schmidt, Soufiane El Khalidy, Alice de Lencquesaing, Pierre Aussedat, Sami Ameziane, Pablo Cobo, Joseph Fourez
Cinematography: Pierre Cottereau, Giora Bejach
Edited by Katie Mcquerrey
Music by Volker Bertelmann
Production companies: TF1 Films Production, Logical Content Ventures, Belvédère, Ness Films, Beside Productions, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, Aonia Ventures, Laurent Dassault Rond-Point, Ouroboros Entertainment, Stags Participations II
Distributed by Pathe Films (France)
Release dates: June 10, 2026 (France)
Running time: NC

Photos : Copyright 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Ness Films - Beside Productions - Auvergne Rhône Alpes Cinéma