« Le chagrin. La culpabilité. La perte. La quête d’identité. Dans un monde d’âmes brisées, comment parvient-on à se découvrir soi-même ? À découvrir les autres ? »
Notre média a découvert ce soir dans le cadre d’une projection privée organisée par le club 300 au forum des Images le nouveau film de Fabrice du Welz (Calvaire (2004), Vinyan (2008), Colt 45 (2014) et Alleluia (2014)). Suite à la projection de ce film nous avons pu participer à une rencontre passionnante avec ce réalisateur.
Originaires de Grande-Bretagne, les co-scénaristes Oliver Butcher et Stephen Cornwell ont voulu montrer la ville de Los Angeles du point de vue d’un étranger. Avec Fabrice du Welz, ils se sont inspirés des thrillers néo-noirs des années 1970. Ils désiraient renouer avec les spécificités narratives des films de cette époque tels que GET CARTER, LE POINT DE NON-RETOUR, la série des DIRTY HARRY et la trilogie du dollar de Sergio Leone (LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS, POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS) et les fi lms de Sam Peckinpah, surnommé « Bloody Sam » pour sa réinterprétation violente du Western. Les fi lms de Peckinpah, et plus particulièrement LA HORDE SAUVAGE, montrent une société schizophrène, coincée entre ses valeurs et la violence qui la gangrène, habituellement aux dépens d’êtres solitaires contraints d’abandonner toute morale pour survivre dans un monde brutal et destructeur.
« Tous ces films avaient un personnage principal fort, souvent un homme, que l’on découvrait au fil du film. Il était calme et posé. Plus l’intrigue évoluait, plus il devenait intéressant. Cette philosophie de narration et de réalisation nous plaisait », explique S. Cornwell. Fabrice du Welz ajoute : « C’est une manière de raviver et rendre hommage à un genre qui a disparu après les années 1970. Je pense à GET CARTER de Mike Hodges et ce type de films auxquels s’apparente MESSAGE FROM THE KING. Dans toutes les situations extrêmes du film, Jacob King déclare : “Va dire à ceux qui t’emploient que King leur envoie un message” ». MESSAGE FROM THE KING est un thriller empreint de mélancolie. « J’espère que grâce à ce film, le public aura une nouvelle vision du genre », explique David Lancaster qui a produit des classiques contemporains tels que WHIPLASH, NIGHT CALL et DRIVE, des films indépendants où les personnages non seulement priment sur l’action mais en plus ne sont pas d’un abord très sympathique. Ici, Alfred Molina interprète Preston, un ignoble producteur d’Hollywood, et Luke Evans joue le rôle du docteur Paul Wentworth, le chirurgien dentaire des stars à Beverly Hills. « Tous ces films appartiennent à ce que j’appellerais l’artsploitation. Ils possèdent tous des éléments de films Art et Essai mêlés à une histoire tellement bonne qu’on a envie de s’y plonger et de découvrir comment les personnages peuvent supporter ce qui leur arrive. Que s’est-il passé ? Ajoutez à cela une vision unique de Los Angeles par un réalisateur européen qui apporte une énergie nouvelle à un décor devenu presque banal. »
Le point de vue de Fabrice du Welz est d’autant plus fort que le personnage de King interprété par Chadwick Boseman, un homme accablé de douleur, poursuit un chemin tourmenté dans la ville de Los Angeles. Les scénaristes voulaient créer « un personnage (King) qui soit un reflet de la diversité du Los Angeles d’aujourd’hui », ajoute S. Cornwell. « De nos jours, Los Angeles est peuplée de gens venant de tous les coins du monde, c’est un décor international, idéal pour ce film. Et si le film est très sombre, il ne dépeint pas Los Angeles de manière négative. »
(Re) Découvrez la bande annonce:
Synopsis:
En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Avec un billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard, et 600 dollars en poche. Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances étranges…

Message from the King
Un film de Fabrice Du Welz
Sur un scénario d’Olivier Butcher et Stephen Cornwell
Avec Chadwick Boseman (Jacob King), Luke Evans (Wentworth), Teresa Palmer (Kelly), Natalie Martinez (Trish), Tom Felton (Frankie), Alfred Molina (Preston), Jake Weary (Bill), Kirsty Hill (Une invitee)
Petite dédicace à notre rédactrice Margot et bravo pour son excellente question..
Photos et vidéo : Mulder (Boris Colletier)